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©Juliette Lebreton

Le podcast de la destination Mayenne

Ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco-responsabilité, la passion du partage et pour fierté les mille facettes de leur territoire.

Pour cette première saison, ils sont 10 à partager leur histoire, leur activité et leur passion pour la Mayenne.

Ouvrez-bien grand vos oreilles et laissez-vous embarquer par l’écoute de nos voyages sonores.

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©Juliette Lebreton

Épisode #10

Immersion sonore

à Toiles de Mayenne

À Fontaine-Daniel, une histoire se tisse depuis plus de 200 ans.

Celle de Toiles de Mayenne, une entreprise qui a su trouver l’équilibre entre passé, présent et futur, à travers ses savoir-faire.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore à Toiles de Mayenne

    Immersion Sonore à Toiles de Mayenne

    Rebecca Armstrong : [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires. Ils ont pour point commun ; l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage. Et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire ; La Mayenne.

    La Mayenne, terre du Milieu, terre historique de toiles de Mayenne. Une entreprise née en 1806 à Fontaine-Daniel, qui cultive l’équilibre entre passé présent, futur à travers ses savoir-faire, création de tissus d’ameublement et de décoration. Ici, chaque geste compte. Ici, les racines parlent aux siècles, qui avancent.

    Rencontre avec Clotilde Bouterolle, directrice de la création.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:01:03] Je vous propose de vous emmener au tissage avec les bâtiments qu’on voit. Tous les bâtiments ont été construits au fur et à mesure du développement du développement de l’entreprise. Des besoins qui ont fluctué au fil des siècles de deux siècles, puisque

     

    Rebecca Armstrong : [00:01:22] Puisque c’est 1806, la première date à connaitre, donc.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:01:23] 1806. On est à un peu plus de 200 ans. Maintenant, je trouve que c’est assez émouvant de se dire que c’est toujours là. Au départ, c’était même du tissu pour des vêtements, du tissu pour des vêtements de travail avec la notion de solidité. Et c’est peut-être ce qui ancre la notion de solidité. Il y a une valeur solidité, durabilité, durabilité exactement, qui est très forte chez Toiles de Mayenne. Et j’ai l’impression que ça s’est écrit au fil du temps. Et ça, c’est ça, c’est gardé. Je vous emmène au tissage.

     

    Rebecca Armstrong : [00:01:59] Voilà, c’est bien cela. Alors on pendant qu’on s’y rend. J’ai l’impression qu’il y a une autre caractéristique de toiles de Mayenne. C’est la présence de femmes fortes, de femmes exceptionnelles dans l’histoire de cette entreprise.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:02:10] Effectivement à l’origine, la première personne qui est venue, c’est Jean-Pierre Horem. Et il a épousé, quelques années après son arrivée à Fontaine-Daniel, Sensitive Anfield, qui était d’une famille de filature et qui dirigeait déjà une filature dans le Calvados. Quand son mari décède, elle prend la tête de l’entreprise seule et elle la pilote, elle la développe magistralement, en fait.

     

    Rebecca Armstrong : [00:02:48]  Et donc, nous voilà à la porte du tissage.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:02:51] Alors attention, ça va faire du bruit.

     

    Rebecca Armstrong : [00:02:54] Nous sommes prêts. On entend un ronronnement. Dans cet espace, les métiers à tisser s’agitent, tandis que les bobines de lin trônent le long des allées. Les tissus passent ensuite aux contrôles manuels pour que chaque imperfection soit repérée et traitée. Chaleur et hygrométrie constantes sont indispensables pour que le tissage ait lieu dans les règles de l’art.

    Dans l’atelier de tissage, on a pu voir des bobines de lin. Est-ce que vous pouvez me dire quelques mots de ce lin ? Parce que le lin, ça a été une production historique de la Mayenne.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:03:28] Alors, c’est pour ça que la filature s’est installée ici dans cette abbaye, parce que c’était un bassin de production. Il y avait du lin en Mayenne. C’est quelque chose qui a été oublié. Maintenant, le lin est dans le pays de Caux, en France. La France est vraiment un producteur essentiel de lin. On dit facilement le premier producteur. Je ne suis pas sûre de moi en volume, en qualité, c’est certain. Il n’y a plus de grandes filatures en France. Il y a des filatures artisanales autour d’Yvetot, etc. Il y a des petits producteurs, petits tisseurs et petites filatures, mais une filature qui fournit suffisamment de fil pour de l’industrie parce que c’est même si on est un petit tissage. C’est tout de même industriel. Ça, maintenant, on se fournit chez Safilin en Belgique. Donc ce n’est pas très loin.

     

    Rebecca Armstrong : [00:04:16] Au fond de l’atelier de tissage, une petite porte blanche mène à l’échantillonnage. Une activité que très peu d’entreprises textiles ont su garder. Six cents carrés de tissu sont ici installés et distribués dans les 16 boutiques françaises de la manufacture, pour que chaque projet trouve sa teinte et sa texture exacte.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:04:41] Ces toiles de Mayenne en plus, on est vraiment convaincu de la durabilité de l’évolution dans le temps et de pas surproduire les tissus chez nous ont une durée de vie très longue.

     

    Rebecca Armstrong : [00:04:52] On sent que ce goût des savoir-faire est vraiment au cœur de l’histoire et de vos propos. On l’a compris aussi en traversant l’atelier de tissage. Ces savoir-faire, aujourd’hui, ils sont devenus rares. Est ce que c’est difficile? Si vous avez une personne qui doit partir à la retraite, de retrouver quelqu’un ?

     

    Clotilde Boutrolle : [00:05:08] Oui, c’est vrai. Alors oui, oui, oui, oui, oui, mille fois. Ce sont des métiers, c’est précieux. Le textile a traversé une crise énorme en France. Il faut dire les choses. La mondialisation, ça fait des ravages. Il me semble que dans les années 80, après, après les années 2000, il y a deux, à peu près deux tiers des effectifs du textile qui ont qui ont disparu. Voilà, c’est ça. Mais donc, oui, oui, à chaque fois, c’est un défi, un challenge. Donc, il y a aussi le besoin de transmettre

     

    Rebecca Armstrong : [00:05:44] Un nouvel espace et nouvelle ambiance. Le silence de l’atelier de découpe est brodé des voix des équipes organisées autour de grandes tables. Ici, on mesure, on vérifie les dimensions, on découpe le geste et aérien précis. Les tissus épais ou souples, uni ou à motifs, sont manipulés avec attention.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:06:05] Dominique est la responsable de l’atelier coupe et l’atelier confection, donc elle gère vraiment les deux équipes. Une vision d’ensemble. Et oui, c’est toute une commande. Rien n’échappe à Dominique. C’est très précis. Alors les coupes chez nous, tout est coupé à la main. Il n’y a pas de coupe au matelas, par exemple. Donc là, vous êtes, voyez, vous voyez dès maintenant les différentes épaisseurs. C’est là, c’est une toile de coton qui se tient assez. Là, on a un linge très fin, presque un voilage, on peut, On peut voir à travers.

     

    Rebecca Armstrong : [00:06:34] La manufacture abrite aussi les ateliers de confection et de tapisserie. Quelques minutes de marche suffisent pour rejoindre ce second site. Remonté la route qui traverse le village, longé des prés ou vaches des pommiers cohabitent paisiblement, s’enfoncer dans la forêt. Puis sur la droite, surgissent les bâtiments éclairés de grandes fenêtres.

    Donc, direction les ateliers.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:06:59] Direction les ateliers avec joie. Les couturières travaillent sur des tables immenses parce qu’il faut pouvoir mettre le tissu à plat. Il faut pouvoir travailler à plat. Là, vous voyez le travail à la main avec, elle est en train de régler la bordure du rideau en plaçant très précisément le tissu, la doublure, les différentes épaisseurs.

     

    Rebecca Armstrong : [00:07:27] Et puis, c’est ce que j’aime bien, c’est que de voir toutes les générations dans l’atelier des femmes plus âgées, des toutes jeunes…

     

    Clotilde Boutrolle : [00:07:32] Oui, c’est vrai, très vrai. Mais on est content de faire entrer les jeunes parce que les gens travaillent très longtemps sur Toiles de Mayenne. Il n’y a pas un turn over très rapide. Donc là, vous avez une machine qui fait une couture longue. C’est très particulier. C’est assez physique. C’est un poste qui ne peut pas être tenu très longtemps parce qu’elle va de gauche à droite avec ses mains comme ça pour guider la couture. Vous voyez que la table est particulièrement longue.

     

    Rebecca Armstrong : [00:08:04] Il y a quelques années, en 2014, Toiles de Mayenne ont reçu un label Entreprise française du patrimoine vivant.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:08:10] Oui, ça valorise, récompense, met en avant des savoir-faire vraiment particuliers de grande qualité sur le territoire français. C’est une marque de reconnaissance beaucoup plus forte que le made in France ou le petit drapeau bleu blanc rouge.

     

    [00:08:30] Cet ancrage permanent dans le tissu des savoir-faire locaux, ancestraux est l’essence même des toiles de Mayenne. Ces liens créés, ils rayonnent depuis Fontaine-Daniel et permettent de réaliser des projets qui font sens pour leurs qualités, leur respect de l’environnement, mais aussi pour leur valeur sociale.

     

    Clotilde Boutrolle :  [00:08:50] Et là, j’ai une jolie histoire à vous raconter.

    Rebecca Armstrong : Dites-moi tout

     

    Clotilde Boutrolle : Une histoire que j’aime, Encore une histoire de lien, après tout, ce sont des poufs, tout simplement.

     

    Rebecca Armstrong : [00:09:00] Donc, certains sont circulaires, d’autres cubes.

     

    Clotilde Boutrolle : [00:09:05] C’est très à la mode en ce moment. A l’origine, la structure interne était importée d’Italie. On s’est dit mais est ce qu’on ne trouverait pas plus près ? Est ce qu’on peut faire autrement ? Et le mari de Dominique que vous avez croisé en bas, travaille, dirige un atelier, je crois,  « ETIC 53 » à Mayenne. Donc c’est un atelier protégé de réinsertion à l’emploi par le travail et il y a une partie menuiserie et donc l’humain peut-être. Ils ont fait des protos, ils ont fait des devis et ça a été tout à fait concluant. J’adore cette histoire. Du coup, maintenant, la structure interne est faite à quelques kilomètres de chez nous, avec du bon sens, de la relation humaine. Voilà, tout le monde avait tout à y gagner.

     

    Rebecca Armstrong : [00:09:51] Ce serait donc cela la Mayenne, terre du Milieu, où la noblesse de racines profondes s’incarne dans le geste attentionné de l’artisan d’aujourd’hui.

    Immersion sonore vous donne rendez-vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

     

     

Épisode #9

Immersion sonore

au Comptoir

Déjeuner, goûter une bière artisanale, acheter des produits bio et locaux, lire, s’informer, discuter, échanger, jouer… Céline Pelluau nous ouvre les portes du Comptoir, un lieu convivial et chaleureux au pied des Avaloirs.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore au Comptoir

    Immersion Sonore au Comptoir

    Rebecca Armstrong : [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires, ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage. et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire. La Mayenne.

    La Mayenne, terre du milieu ? Là où tout se croisent le long de la Nationale 12 à Pré en Pail, il y a une croisée des chemins. Un endroit où les gens se rencontrent, discutent, mangent, achètent avec soin. Ils sont au Comptoir, une épicerie bar cantine engagée créée par Céline Pelluau en fin d’année 2015. Qu’est ce qui vous a poussé à créer le Comptoir l?

    Céline Pelluau : [00:00:53] Oh, là beaucoup de choses. Alors moi, j’avais déjà une activité de restauration. Je faisais du catering, donc la restauration sur l’événementiel. Mais je n’avais pas de lieu, je n’avais pas de cuisine, donc je me déplacer dans des cuisines. Donc, j’ai eu envie un moment de sédentariser l’activité pour la rendre plus facile. Et j’avais un ami qui s’installait ici pour faire de la bière et pour monter une brasserie artisanale. Et il utilisait pas du tout la partie boutique. Et on s’est dit un soir que ce serait super de pouvoir boire des bières et de manger en même temps. C’est comme ça qu’est née l’idée. Et moi, ça faisait très longtemps que je cherchais à centraliser les produits locaux du territoire puisque moi-même, quand je faisais mes achats pour les pour les repas, je devais faire le tour de plein de fermes, donc c’était très sympa. Mais ça me prenait beaucoup de temps et je me disais que je ne devais pas être la seule à être dans ce cas. Et donc, je me suis dit, Quitte à ouvrir un lieu où on peut manger et boire, eh bien ce serait sympa qu’on puisse y trouver les produits du coin. [00:01:50] Donc, au départ, quand on a ouvert, il n’y avait que les produits locaux jus de pomme, fromages, confitures. Et puis on a ouvert. Ça a bien marché, donc. Du coup, petit à petit, j’ai acheté du riz, j’ai rajouté du café et j’ai rajouté des choses comme ça. Et au bout d’un an. Donc, la première année, il n’y avait que cette partie-là. Au bout d’un an, on a investi le fond qui était l’appartement, mais qui n’était pas utilisé. Donc aujourd’hui, on voit une salle de restauration. Voilà, et qui donne accès à un petit balcon qui permet de manger aussi si, côté jardin, quand il fait beau. Et ça, ça a duré cinq ans, toute seule et en fait, ça a grossi tranquillement jusqu’à arriver à un stade où ce n’était plus possible toute seule, et on a eu l’opportunité du bâtiment à côté qui s’est trouvé à vendre et on a sauté le pas. Donc, on a agrandi et j’ai embauché Olivier qui m’a rejoint en début d’année. Et ce qui fait que maintenant, on est deux. Donc Olivier en cuisine, Olivier en cuisine. Voilà, c’est ça.

    Rebecca Armstrong : [00:02:48] Donc là, on est dans la partie bar. Il y a d’un côté le bar. Et puis, en face, on voit le mur de vrac avec le riz que vous évoquiez, etc. Et puis, si on avance la partie que l’agrandissement tout récent de cette année, on va trouver toute la partie épicerie, fruits et légumes, c’est ça.

    Céline Pelluau : [00:03:08] C’est ça, vitrine de fromages à la coupe, meuble à épices, droguerie cosmétique, il y a une partie de tout ce qui est lessive, produit, vaisselle, gels douche, shampoings qui sont aussi en vrac. Et puis, il y a une partie artisanat là, avec des jeux, des bijoux, des poteries, voilà aussi pour mettre en valeur le local. Et puis là, l’étal à fruits et légumes qui est l’activité principale au niveau de l’épicerie, vraiment, où on travaille avec des maraîchers locaux. Et puis voilà les produits frais, le pain, tout ça, c’est tout ça. C’est local.

    Rebecca Armstrong : [00:03:44] Il est midi. Bientôt, la salle va se remplir pour le déjeuner. Déjà en cuisine, Olivier s’affaire. Bientôt, ce sera l’effervescence. Parce qu’on vient manger ici. Mais on peut aussi choisir la formule à emporter. En attendant le coup de feu, Céline partage, souriante, l’âme du lieu où elle porte fièrement plusieurs casquettes.

    Céline Pelluau : [00:04:05] Épicière, barmaid, restauratrice, serveuse, mais aussi oreilles. Ça, c’est un gros gros. une grosse partie du travail d’ici, c’est que vraiment, il y a beaucoup de gens qui viennent faire leurs courses, mais qui viennent aussi discuter. Je suis aussi animatrice du lieu puisque j’organise des ateliers à une époque, il y a eu des concerts aussi, Pas mal. Et avant tout, ce qui caractérise le Comptoir, je crois, c’est le fait que c’est soit un lieu où on fait ses courses, mais aussi où on échange. Il y a beaucoup de gens qui se croisent en faisant les courses, puis qui finalement boivent un café. Des gens qui qui venaient juste pour boire un café, puis finalement, vont faire des courses.

    Rebecca Armstrong : [00:04:46] Pour vous, le comptoir, comment il incarne l’identité mayennaise?

    Céline Pelluau : [00:04:52] Comment il incarne l’identité mayennaise :  par ses produits, déjà par les produits qu’on y trouve. Peut-être par le fait que moi, je suis Mayennaise. Les gens qui fréquentent, évidemment. Et après, on est sur un lieu de passage. C’est la Nationale 12 qu’on entend juste derrière Paris Bretagne, et c’est l’entrée dans la Mayenne, quand on arrive de la région parisienne.

    Rebecca Armstrong : [00:05:15] Tous ces producteurs locaux, alors que ce soit en maraîchage. Mais on a reconnu les savons de Raphaël de Mayenne, qui n’est pas très loin. Tout le monde s’est fédéré, quelle a été la dynamique pour fédérer tout le monde autour du Comptoir ?

    Céline Pelluau : [00:05:31] Eh bien, ça s’est fait vraiment progressivement puisqu’en fait, au départ, il y avait vraiment les producteurs vraiment d’ici que je connaissais très bien. Et quand je leur ai parlé du projet, ils ont dit Ah super, on est avec toi, on te livre en petites quantités. Et après, il y a aussi des arrangements. Par exemple, la productrice de la Tomme de Pré en Pail, Marie-Hélène, qui, tous les jeudis, va livrer le marché d’Alençon et qui me ramène le pain de la boulangère. En même temps, il y a vraiment beau, [00:05:55] ça va au-delà, c’est de l’entraide. Voilà, c’est ça se simplifier. La vie, c’est ça.

    Rebecca Armstrong : [00:06:00] Au comptoir, on trouve d’ailleurs un aperçu de cette richesse associative et culturelle. Affiches de concerts et festivals de rendez-vous pour des ateliers de découverte de rendez-vous à la ferme. Pour Céline, la ruralité est d’ailleurs ce qui lie autant les gens entre eux que les gens à la terre.

    Céline Pelluau : [00:06:20] Le fait d’être dans un milieu rural, on est très connecté avec, avec le milieu rural, avec les producteurs. Ça discute beaucoup environnement, agriculture. Et du coup, je trouve que c’est hyper riche. Ce n’est pas toujours facile parce qu’on a des convictions qui ne sont pas les mêmes. Mais voilà. Et moi, j’aime beaucoup le territoire. Je le trouve accueillant. Je ne suis pas originaire de Pré en Pail. Je suis arrivé il y a dix ans. Je ne connaissais personne et aujourd’hui, je connais plein plein de monde. Donc je trouve que c’est un endroit où il fait bon vivre et à Pré-en-Pail, on a beaucoup de commerces. Et en fait, il est possible de faire beaucoup de choses sans avoir besoin d’aller en ville. Et ça, c’est un. Pour moi, c’est un atout.

    Rebecca Armstrong : [00:07:02] Alors on l’a compris ici. Au Comptoir, on trouve à la fois des produits pour le zéro déchet dans sa salle de bains, des produits transformés, des jus de fruits, du vrac, du maraîchage. Comment vous voyez évoluer le comptoir dans quelques années ?

    Céline Pelluau : [00:07:17] C’est une très bonne question. Je me pose beaucoup la question à l’heure où on parle de plus en plus de produits bio, de vrac, de zéro déchet. Mais à l’heure aussi où les supermarchés prennent cette place là et où ils ont une force de frappe beaucoup plus importante que nous, je ne sais pas ce que nous, on va devenir. On est fragile, on est plus cher que des grandes surfaces. On a une offre plus limitée. On incarne autre chose. Mais du coup, il y a une réalité économique de budget, de temps, qui font que c’est plus facile de faire ses courses en supermarché. Moi, je pense que le comptoir va évoluer dans ces animations, dans sa dynamique, dans sa proximité avec les gens, dans la création de liens. Je pense que c’est vraiment ça, au-delà de l’activité économique pure, purement de produits biologiques et de soutien à l’agriculture locale. Je crois que c’est vraiment la partie « lien et identité » qui va faire la différence, je crois.

    Rebecca Armstrong : [00:08:13] Déjà, les premiers clients sont installés à leur table et profitent des saveurs qui s’échappent de la cuisine. Justement, Olivier y est à la fois lancé dans un marathon et un sprint. En salle, les gens qui attendent leur commande à emporter discutent, tout le monde se tutoie, se saluent, se dit à demain. Car au Comptoir, on vient et revient. Ce serait donc cela, la Mayenne, terre du Milieu où l’avenir se dessine, gourmand; pour et par le lien social. Immersion sonore vous donne rendez-vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

Épisode #8

Immersion sonore

à Canotika

Rebecca prend la direction de Château-Gontier-sur-Mayenne dans le Sud Mayenne pour échanger avec Christian Laigle, président de Canotika. À bord de ses embarcations, il nous partage les charmes de la rivière avec passion.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore à Canotika

    Immersion Sonore à Canotika
    Rebecca Armstrong : [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires, ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire. La Mayenne. C’est ici qu’il faut venir pour rencontrer l’association Canotika et son président Christian Laigle. Canotika, qu’est-ce que c’est ?

    Christian Laigle : [00:00:38] C’est une base nautique basée essentiellement au départ sur le canoë kayak. Au fil des années, la base a évolué avec l’apport de petits bateaux, des pédalos, des bateaux électriques pour la balade de 4-7 personnes maximum qui permettent de naviguer sur la rivière et de passer au moins une écluse. Et puis, disons, dans les cinq dernières années, on a développé un concept de bateau à pédalier.

    Rebecca Armstrong : [00:01:06] Justement, je vous propose, vu qu’il n’y a pas mal de vent, qu’on s’avance sur le quai, qu’on monte dans une de ces embarcations.

    Christian Laigle : [00:01:12] Vous allez découvrir ce type d’embarcation avec couchettes

    Rebecca Armstrong : [00:01:18] Un petit bateau bleu, bleu marine. On va descendre avec précaution. Alors le bateau s’appelle le Blue Note.

    Christian Laigle : [00:01:27] Voilà, on est sur le jazz.

    Rebecca Armstrong : [00:01:28] Oui, j’ai entendu tout à l’heure la sonnerie de votre téléphone. C’était du jazz. Vous êtes amateur de musique ? Très bien. Donc, à l’arrière, il y a deux selles de vélo. Tout à fait, avec le système de pédalier qui est mis à l’eau et qui permet de naviguer.

    Christian Laigle : [00:01:41] Ce sont des hélices entraînées par une chaîne. Donc, en fait, on retrouve la sensation, je dirais celle du vélo, c’est faire du vélo sur l’eau et aller comme ça au fil de l’onde sur la rivière Mayenne. C’est quand même, il y a de l’espace. On peut vivre à quatre personnes. Je dirais du moins vivre couché. Et puis, vous voyez la dînette. C’est le calme de la nature sans moteur, donc ça, c’est appréciable.

    Rebecca Armstrong : [00:02:07] La Mayenne, les bateaux, le canoë. C’est vraiment une passion qui est que vous avez développée au fil des années et qui aujourd’hui vous occupe ?

    Christian Laigle : [00:02:13] Alors, je dirais que c’est une passion très ancienne parce que j’ai découvert le canoë kayak à l’âge de 10 ans pour arriver à 70 km plus bas, à Château-Gontier, il y a une vingtaine d’années, je suis arrivé ici et développé cette passion de tout ce qui, au début, mon canoë kayak, mais comme je l’ai expliqué, de petits bateaux divers et variés, puisqu’on a même maintenant des petits bateaux électriques monoplaces qu’on appelle des dandys, je vais vous faire voir, c’est des petits bijoux.

    Rebecca Armstrong : [00:02:42] Les charmes de la rivière, que Christian sait si bien partager, attire des visiteurs de tous horizons.

    Christian Laigle : [00:02:48] On va dire qu’on a tout type de clientèle. Nous avons des familles qui sont, je pense, un des cœurs de cible puisqu’on est dans un département vert, avec des possibilités divers et variés, puisqu’on a aussi la location de vélos, les groupes d’amis, des individuels, des couples, des gens qui veulent un peu se sortir des lieux très fréquentés et trouvent sur la Mayenne leur bonheur. Le havre de paix.

    Rebecca Armstrong: [00:03:15] vous avez évoqué les dandys noms mystérieux et que j’aimerais connaître un peu plus, je vous propose. On quitte le Blue Note et on va découvrir les dandys.

    Christian Laigle : [00:03:27] Tout à fait, on passe sur une embarcation beaucoup plus petite.

    Rebecca Armstrong : [00:03:32] Je fais attention à la tête. Oui sauf que c’est moi qui a l’habitude de me cogner.

    Rebecca Armstrong : [00:03:43] Alors le hangar s’ouvre et dévoile les dandys. Oh, c’est merveilleux

    Rebecca Armstrong: [00:03:44] Alors, il faut les décrire. Les dandys sont aussi bleu que le Blue Note de tout à l’heure.

    Christian Laigle : c’est notre couleur
    Rebecca Armstrong : Et puis, comme vous le disiez, c’est une embarcation, une classe.

    Christian Laigle : [00:03:55] C’est presque un bateau Playmobil. Non, en fait, c’est une réduction au tiers des fameux bateaux italiens qu’on trouve sur les qu’on appelle la marque Riva, par exemple, sur les lacs italiens ou même certains bateaux de Venise avec un pont en teck. Ici, on a, on a une, une reproduction, je dirais de ce type de surface qui donne un aspect à la fois esthétique, d’où le nom dandy. C’est celui qui est élégant quand on se rappelle les dandys du 19e siècle. C’est à peu près ça et aussi parce que c’est un petit bateau, donc une stabilité qui est très bonne, mais une impression d’être sur l’eau. Et on va se dandiner un peu comme les canards.

    Rebecca Armstrong : [00:04:39] Une lumière permanente se dégage de Christian lorsqu’il parle de la rivière, accompagnée d’un sourire franc. C’est sans doute cela qui attire, toujours plus.

    Christian Laigle : [00:04:50] On a une clientèle qui est aussi parisienne, qui vient aussi du nord de la France, une clientèle européenne, principalement les Anglais, des Hollandais, des Belges. Ce sont les jeunes filles, très motivées par le canoë.

    Rebecca Armstrong : [00:05:07] Qui arrivent à vélo, comme en ce moment. Et donc, pour se mettre à l’eau dans quelques minutes, c’est ça ?

    Christian Laigle : [00:05:12] Tout à fait. Et elles ne manquent pas une séance. Elles sont un peu comme moi et elles aiment bien la rivière de la Mayenne.

    Les jeunes filles : [00:05:17] Ah si on manque les séances du samedi.

    Christian Laigle : [00:05:19] Oh oui, parfois.

    Rebecca Armstrong : [00:05:22] Pour définir l’identité de la Mayenne, de ce territoire auquel vous êtes tant attaché, quels seraient les adjectifs, les verbes que vous utiliseriez alors?

    Christian Laigle : [00:05:32] Généralement, on évoque la Mayenne par la douceur de vivre, son calme, sa verdure. Alors pour certains, ça peut être des obstacles. De dire Oh là, là, ça va être trop calme. On va s’ennuyer. En fin de compte, lorsque les personnes arrivent, ils découvrent une âme mayennaise, entre guillemets, comme on peut la trouver dans de nombreux territoires, mais avec, je dirais la sensation d’être dans un endroit un peu préservé malgré tout.

    Rebecca Armstrong : [00:06:00] Vous disiez la Mayenne se laisse découvrir si on sait le lâcher prise. J’aime bien cette expression de lâcher prise. Vous pouvez m’en dire plus ?

    Christian Laigle : [00:06:08] Tout à fait. Le lâcher prise, c’est un peu dans le slogan Slowlydays, cette marque a été développée par Mayenne Tourisme, à laquelle j’ai adhéré dès le début, montre bien cet esprit de dire On prend la vie calmement, on laisse tomber nos tracas quotidiens. On vient en Mayenne pour vraiment comme on dit, lâcher prise et puis se trouver d’autres centres d’intérêt et être au contact des gens qui font le territoire. Je crois que c’est une aussi une grande richesse de notre territoire, du territoire de la Mayenne. C’est d’avoir des gens passionnés qui ont envie d’ouvrir, montrer leur savoir-faire, soit par des démonstrations, soit par des échanges, soit par l’accueil, tout simplement.

    Rebecca Armstrong : [00:06:54] Innover, proposer des expériences inédites sont les moteurs de Christian. Mais la source de cette énergie, c’est tout simplement la rivière dont il pourrait parler des heures entières avec la même intensité.

    Christian Laigle : [00:07:07] Au fil du temps, la rivière a été modelée par l’homme. C’est pour ça qu’on retrouve plus d’une trentaine de barrages sur le département de la Mayenne. Mais on trouve une faune qui est très intéressante puisque rien qu’ici, sur le bief qui est quand même le bief, c’est ce qu’il y a entre deux barrages et donc qui limite un certain secteur de rivière. On trouve une dizaine de couples de martins pêcheurs, de hérons. Je pourrais vous dire des canards. Vous avez vu les avez ? Vous les avez croisé, ils vous accueillent.

    Rebecca Armstrong : [00:07:37] Ils sont là. On retrouve tout de suite le sentiment d’évasion.

    Christian Laigle : [00:07:40] Finalement, on a même la surprise de découvrir de nouveaux hôtes. Parfois, là, au printemps, j’ai découvert un castor qui est en train de tailler son arbre juste deux kilomètres en amont.

    Rebecca Armstrong : [00:07:49] Et parfois, vous partez sur l’eau avec des groupes de touristes pour justement leur faire un peu baver.

    Christian Laigle : [00:07:55] Pendant la saison, on a des centres de loisirs qui sont très intéressés, souvent par, à la fois la découverte de l’embarcation canoë kayak et de la pratique. Mais ici, il faut qu’on leur apporte un plus. Donc, on va ponctuer bien justement par des découvertes de ce type-là. Aller à la rencontre de quelques animaux, voire de remonter quelques petits ruisseaux, on est là, on se trouve dans des petites Amazonie, la locale. Et ça, c’est les petits coins secrets.

    Rebecca Armstrong : [00:08:22] Oui, c’est ça. Il faut venir pour qu’ils se dévoilent. Comment décririez-vous ? Définiriez-vous Christian ? L’art de vivre mayennais ?

    Christian Laigle : [00:08:34] Je pense que tout le monde a quand même cet attachement à la terre et on revient toujours aux valeurs premières comme l’accueil qui en fait partie, la bienveillance. Je pense que c’est aussi une caractéristique du territoire. Est-ce que c’est une tradition ? Je ne sais pas, mais c’est souvent ce qui ressort des gens. Ah, les gens sont gentils. On a eu affaire à telle personne. Et le gros avantage, on est un département à échelle humaine, donc on se connaît.

    Rebecca Armstrong : [00:09:02] C’est une toile tissée. Merci beaucoup, Christian Laigle. Voilà pour cette découverte.

    Christian Laigle : [00:09:07]. C’est un plaisir de faire découvrir et partager.

    Rebecca Armstrong : [00:09:11] Merci encore et je vous laisse rejoindre vos jeunes qui sont impatientes

    Christian Laigle : [00:09:15] très impatientes de commencer la séance. Comme quoi la rivière attire. J’adore faire partager ce genre de choses.

    Rebecca Armstrong : [00:09:22] Susciter des vocations suscitées.

    Christian Laigle : [00 :09:25] Merci, merci bien. Allez hop, mise à l’eau du canoë.

    Rebecca Armstrong : [00 :09:33] Ce serait donc cela la Mayenne, Terre du Milieu, terre de cette rivière qui irrigue, réunit, fédère, attire, enchante. Immersion sonore vous donne rendez-vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

    Christian Laigle : [00:10:01] Bonne continuation. Merci.

Épisode #7

Immersion sonore

À Echologia

Quand Guillaume Beucher et Vincent Brault, deux amis d’enfance, découvrent fin 2006 les anciennes carrières de Louverné, c’est le coup de foudre : ils ont enfin trouvé le lieu où ils pourront donner vie à leur parc insolite : Echologia. Rebecca part à la rencontre de Vincent pour nous raconter le projet dans un lieu où l’Homme et la Nature vivent en harmonie.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore à Echologia

    Immersion Sonore à Echologia

    Rebecca Armstrong : [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires. Ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire, La Mayenne. La Mayenne, c’est la terre du milieu où l’histoire a jadis creusé les sols et bâti ses richesses. Et puis, un beau jour, un autre paysage naît, une autre vision du monde prend place et dessine un autre futur. Direction Louverné. Echologia est un site qui offre de nombreuses possibilités au public : sport découverte, hébergements insolites, formations et bien d’autres. Le site Echologia vous l’avez fondé, Vincent Brault, avec Guillaume Buchet.

    Vincent Brault : [00:00:52] Oui, c’est une histoire d’amitié à la base de deux petits gamins mayennais qui sont nés en 1978, à quatre jours d’écart. On a fait toute notre scolarité ensemble en Mayenne et là, je vais vous dépeindre le monde des Bisounours. Une enfance joyeuse. À l’école, c’est super. Dans un petit village de 2.000 habitants, 3.000 habitants. Pendant les vacances, le tissu associatif est riche. Tout le monde est souriant. Il y a des petits oiseaux qui chantent. On va dans les petits ruisseaux regarder les petites bêtes qui vivent en dessous, c’est vraiment un peu magique. Ça dure jusqu’à nos 18 ans. Et à nos 18 ans, pour la première fois sur les bancs du lycée en terminale Ambroise-Paré, à Laval, on se pose la question d’aller continuer nos études ailleurs. Et c’est là que la douche froide arrive, puisqu’on se rend compte du regard des autres sur les Mayennais. Et là, surprise, déception. Et là, on est face à un choix de se dire est ce qu’on accepte ? Et on fait comme beaucoup de nos potes qui partent sur Nantes, sur Paris et qui finalement disent Bah oui, c’est vrai, il y a plein, il y a beaucoup plus de culture, c’est il y a tellement de choses à voir ailleurs que c’est s’ils ont raison. La Mayenne, on est arriéré, il y a plus de vaches que d’habitants. Certains Parisiens nous disent Bah, je m’y arrête pour faire pipi quand je vais en Bretagne, mais à part ça, il n’y a rien à y faire. Le constat ne nous plaît pas. On décide qu’il est un peu tôt, mais que dès qu’on pourra, on relève les manches et on met en avant les acteurs de notre territoire. Et c’est comme ça que démarre l’aventure. C’est pour ça qu’il fallait absolument que ça s’implante en Mayenne avec un site qui devait naturellement être magique. Et ça, on n’y est pour rien. Par contre, on est tombé amoureux dès qu’on est arrivé et depuis, ça n’a pas changé.

    Rebecca Armstrong : [00:02:21] Echologia se déploie sur une centaine d’hectares. L’accueil du public se situe sur le secteur d’anciens bâtiments industriels qui constituent un patrimoine majeur de la Mayenne. Celui de l’exploitation du calcaire. Carrières qui, depuis, ont laissé place à l’eau d’une qualité exceptionnelle dont regorgent les nappes phréatiques.

    Vincent Brault : [00:02:42] En fait, là, on est… Je vous ai accueilli dans ce qu’on appelle le cœur du hameau historique. Sous nos pieds, en 1820, on découvre du calcaire. Le calcaire, c’est une roche. C’est la roche que vous voyez partout, qui fait les bâtiments, qui fait les fours, qui fait les arcades. Donc, c’est de la pierre qu’on va extraire du sol. Et donc d’un champ plat, on va creuser, creuser, creuser ce qui nous intéresse. Ce calcaire, on va le cuire à cœur dans des grands fours qu’on va bâtir. Et petit à petit, en 1860, on va voir ce hameau qui est bien bâti, qui est assis. Et c’est même grâce à l’activité de fours à chaux que le train, la voie ferrée pour relier Paris à Brest. Là, je vous laisse faire un peu de géographie. Il y avait plein de tracés en 1855 pour relier ces deux villes Paris à Brest. Et celui qui a été choisi, c’est sous l’impulsion, sous la pression presse, qu’on peut dire des lobbies chaufourniers de l’époque, puisque la chaux était tellement importante que le message qui a été passé ; c’est amenez nous la voie ferrée, vous aurez de la chaux sur l’ensemble de la Bretagne et de la région parisienne.

    Rebecca Armstrong : [00:03:37] Donc on est clairement sur un site patrimonial de la richesse industrielle de la Mayenne du XIXème siècle.

    Vincent Brault : [00:03:45] On a même été le plus grand site de France pendant une partie du 19e siècle, donc quelque chose de très impactant au niveau du territoire. Mais en fait, quand on voit ça d’un œil biodiversité, c’était juste nul. Parce que la chaux, en fait, c’est un matériau facile, c’est quelque chose que quand on respire la chose, cela nous attaque particules fines, mais d’autres particules fines que celles qui nous posent problème. Et les masques n’étaient pas aussi performants que les nôtres aujourd’hui. Et donc, par contre, en 1963, après un siècle et demi d’exploitation, toute l’aventure va s’arrêter et je passe. Je reviens quand même sur le fait qu’à force de creuser, on ne l’a pas encore vu ce matin. Mais vous allez voir qu’il y a quelque chose qui nous, à Guillaume et à moi et puis à toute l’équipe d’Echologia à nous plaît énormément. C’est qu’à un moment, à force de creuser, on va taper dans l’eau. Exactement, la nappe phréatique va jaillir et cette [00:04:30] eau, en fait, elle est omniprésente et elle est surtout très bonne qualité puisqu’en fait, on va la chercher dans la nappe phréatique. C’est à force de creuser, donc, qu’elle n’arrive pas le sous-sol filtré par la roche. Et aujourd’hui, on a la plus grande réserve d’eau qui rentre dans les critères de potabilisation avec plus de deux millions et demi de mètres cube. On va passer d’un désert de biodiversité au top du top des Pays de la Loire sans que l’humain ne fasse rien.

    Rebecca Armstrong : [00:05:50] Bien sûr, on est dans le non-agir.

    Vincent Brault : [00:05:51] Exactement. On est dans la reconquête naturelle.

    Rebecca Armstrong : [00:04:54] Et donc, depuis que de chemin parcouru. Parce qu’aujourd’hui, où vous avez ici une multitude d’activités. [00:05:00]

    Vincent Brault : [00:05:00] Tout le monde peut venir ici et apporter quelque chose. Et donc, ça nous amène une multitude de compétences, de gens passionnés, de points de vue, de savoirs, de temps, d’énergies, ce qui fait qu’on se retrouve parmi les 1500 partenaires. On a des écoles, on a des associations, on a des entreprises, on a des artistes, on a des artisans d’art et chacun, l’enjeu, c’est que chacun puisse mettre sa patte.

    Rebecca Armstrong : [00:05:29] Un socle de valeurs partagées. L’ambition de trouver et préserver l’équilibre entre environnement et activités humaines sont quelques-uns des ingrédients qui font d’Echologia un site unique en son genre. Un lieu où cohabitent les gens, les idées, les activités. Alors là, on arrive sur notre sur une terrasse, avec une piscine, quelques poissons. Qu’est-ce que c’est que cet espace ?

    Vincent Brault : [00:05:52] Et bien, c’est une piscine naturelle qui a été créée il y a maintenant neuf ans. Et là, l’image qu’on voit au bout du chemin qu’on vient de prendre, et bien très souvent, c’est papa et maman avec les valises. Et puis les deux enfants qui sont devant. Et quand ils voient la piscine, ils courent et courent et courent vers la piscine. Ils ouvrent le portail, regardent la piscine. Ils s’arrêtent pendant deux secondes et y retournent dans l’autre sens en allant voir papa, maman en disant maman il y a des poissons dans la piscine. Et là, on sent l’interrogation. La stupéfaction. Et puis ces mêmes enfants, le lendemain, quand il est l’heure de repartir, ils ne veulent jamais sortir de la piscine. Parce qu’en fait, c’est une piscine donc naturelle. Naturelle, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dedans, on ne met pas de chlore. Le chlore, ça tue tout. Donc, on est parti d’un principe un peu complètement opposé où on a dit à nous on va essayer de proposer aux gens une baignade dans laquelle il y a de la vie. Donc, l’eau est filtrée par les plantes. Une piscine municipale, quand elle ne sent pas le chlore, on a l’impression qu’il manque quelque chose. Et bien là, on essaie de montrer qu’on peut faire autrement.

    Rebecca Armstrong : [00:06:47] De multiples activités sont possibles tir à l’arc, potager, fresque participative, escalade. Alors ici, on croise des bénévoles, là, un groupe d’enfants en visite scolaire. Plus loin, des stagiaires ou encore l’équipe salariée s’affairant sous le soleil du matin. Echologia, c’est aussi de nombreux partenaires 1500 qui contribuent, chacun à leur échelle, à la vitalité qui se dégage du site.

    Vincent Brault : [00:07:18] Il faut imaginer qu’il y a eu des centaines de partenaires à participer. Des chantiers d’insertion avec des publics migrants, avec des jeunes qui  sont dans l’école qu’on appelle l’école de la seconde chance, qui, en faisant des travaux, en faisant des stages à droite, à gauche dans les entreprises, essaie d’attiser un peu leur curiosité et de voir ce qui pourrait les botter. On a des associations sportives qui sont venues nous donner des coups de main, comme le Team VTT de Louverné. On a notre terrassier. On a les jardiniers qui sont venus donner un coup de main. Bref.

    Rebecca Armstrong : [00:07:49]  Du collectif de A à Z.

    Vincent Brault : [00:07:52]  Exactement

    Rebecca Armstrong : [00:07:53] Et donc là, on a monté quelques marches. On voit la rivière en contrebas, une cabane en bois sur notre droite.

    Vincent Brault : [00:08:03] D’ailleurs ces tâches, dans le fond qu’on voit, c’est parce qu’en fait, l’eau est transparente.

    Rebecca Armstrong : [00:08:07] Absolument.

    Vincent Brault : [00:08:08] Donc, on voit tout le fond. On voit même les écrevisses qui vont venir se balader.

    Rebecca Armstrong : [00:08:14] Il y a même un héron là.

    Vincent Brault : [00:08:16] Alors oui. Ça veut dire qu’on est les premiers ce matin à passer. Il est là tous les jours. Et en fait, dès qu’il y a un humain qui ne passe pas trop loin, il s’envole. Il reviendra ce soir.

    Rebecca Armstrong : [00:08:26] Il fait partie des partenaires. C’est l’envol du Héron sur la rivière.

    Vincent Brault : [00:08:27]  C’est nos animateurs préférés.

    Rebecca Armstrong : [00:08:30] Le héron continue sa danse devant nous. On a de la chance. Donc là, on marche sur un chemin forestier on pourrait dire. On a des arbres de ce côté qui nous font une belle voûte au-dessus de nous. Et la lumière du soleil qui qui croise notre chemin.

    Vincent Brault : [00:08:50] Et là, on va arriver sur notre grande aventure des jardins suspendus, l’aquaponie de Babylone.

    Rebecca Armstrong : [00:08:57] Oui, j’ai vu la pancarte tout à l’heure.

    Vincent Brault : [00:08:59] Septième merveille du monde antique. Qui, en fait, moins 600 avant Jésus-Christ, était déjà une forme d’aquaponie.

    Rebecca Armstrong : [00:09:09] Alors l’aquaponie, faut la définir parce que tout le monde ne sait pas ce dont il s’agit.

    Vincent Brault : [00:09:14] Alors, je vais commencer par dire que l’aquaponie, c’est un, c’est un écosystème. C’est à dire qu’on va comme d’habitude reprendre ce que fait très bien la nature. Donc là, on a un tout petit système ici.

    Rebecca Armstrong : [00:09:29] Donc on pour [00:09:30] le décrire. On voit un bac en hauteur avec des plantes et puis un bac en contrebas avec un exutoire d’eau où, au fond, on peut voir quelques poissons.

    Vincent Brault : [00:09:40] C’est ça, voilà, et les deux vont s’entraider. En gros, pour faire simple, les poissons dans ce bac d’eau, on va les nourrir. Je les nourris, ils vont manger, ils vont être contents et avoir des rejets et les rejets des poissons sont exactement ce dont les végétaux ont besoin pour croître. Ça fonctionne avec tous les végétaux. [00:10:00] On a tout essayé depuis 2014. Des légumes, des fruits, des arbustes, des plantes, des fleurs, des petits fruits, des grands fruits, des fruits, des légumes racines, des légumes qui sortent de tout. Et on a décidé en 2019, avec Guillaume, de créer un métier. Donc, on a proposé aux services de l’État français de créer un nouveau métier qui s’appelle Technicien supérieur de l’aquaponie et ouvrier en l’aquaponie, on a créé deux métiers.

    Rebecca Armstrong : [00:10:23] Et d’ailleurs, sur le site, vous proposez des formations?

    Vincent Brault : [00:10:25] Justement, exactement. Depuis qu’on a créé le métier, on a créé l’école. Et donc, l’État [00:10:30] français reconnaît que l’aquaponie fait partie des métiers de demain dont on a besoin. Là, vous voyez, la petite pompe se met en place pour que l’eau circule entre le bas et le haut. L’eau qui redescend est filtrée. Donc depuis janvier cette année, on a diplômé les premiers aquaponistes français qui vont en faire leur métier. C’est une super aventure. Parmi les gens qui viennent se former. On a beaucoup d’Africains. Parce qu’en fait, là, la clé de tout ça, c’est qu’on fait ce qu’on voit ici. On va consommer 90 % d’eau de moins qu’un maraîchage, [00:11:00] même bio. C’est à dire que partout où on se rend compte que la ressource en eau est primordiale, l’aquaponie va nous permettre de produire local, de produire sain et de conserver nos ressources. Ah bah là.

    Rebecca Armstrong : [00:11:13] Oui, c’est quoi ce poisson?

    Vincent Brault : [00:11:14] Eh bien, lui, c’est l’esturgeon.

    Rebecca Armstrong : [00:11:16] Là, on voit un esturgeon qui vient, qui sort la tête de l’eau pour nous saluer. C’est quand même bien pensé Vincent, entre le héron tout à l’heure, l’esturgeon qui vient saluer.

    Vincent Brault : [00:11:22] Je disais tout à l’heure que c’était notre meilleur animateur. Donc l’esturgeon a la particularité d’être très sympa [00:11:30] avec les humains. Il est curieux.

    Rebecca Armstrong : [00:11:32] La curiosité semble être ici une qualité cultivée avec passion. Ce serait donc cela, la Mayenne, terre du Milieu, où l’écologie se veut joyeuse, insolite, prometteuse, confiante. Immersion sonore vous donne rendez-vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

Épisode #6

Immersion sonore

à l'épicerie associative l'Aubépine

C’est à l’ombre du plus vieil arbre de France que les habitants de Saint-Mars-la-Futaie se sont pris par la main pour créer une épicerie associative et solidaire.
Jus de pomme, poiré, vrac et même terrine de canard et vin du Sud-Ouest, ils ont désormais tout a disposition grâce à cette belle aventure humaine.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore à l'épicerie associative l'Aubépine

    Rebecca Armstrong : [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires, ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire la Mayenne. La Mayenne, terre du milieu où l’on se retrouve main dans la main, où l’on se retrousse les manches pour créer des lieux de vie, des lieux de solidarité. La preuve à Saint-Mars sur la Futaie, Philippe Boissel préside l’association qui a créé en 2015 une épicerie associative unique en son genre.

    Philippe Boissel : [00:00:44] L’aubépine, alors, l’aubépine, donc, c’est un arbre qui est très important sur la commune. C’est l’arbre le plus vieux, normalement l’arbre le plus vieux de France, donc il y a 1700 ans. On a des écrits du Moyen Âge du X siècle qui dataient déjà cet arbre là comme très ancien et qui a donné son nom à l’épicerie tout naturellement.

    Rebecca Armstrong : [00:01:08] Alors, je le disais, une épicerie associative, qu’est ce que ça veut dire, être une épicerie associative ?

    Philippe Boissel : [00:01:13] Ça veut dire que des gens du village se sont pris par la main pour remonter un commerce, puisqu’il n’y avait plus de commerce dans le village et que c’est compliqué à l’heure actuelle de trouver des gens, des gérants qui vont prendre à leur compte une épicerie d’un petit village comme ça. Donc, on s’est dit que le meilleur moyen, c’était de créer une association des gens du village et des gens autour du village qui sont intéressés par le concept. Et donc, c’est ce qu’on a fait. On a créé une association et c’est cette association-là qui gère l’épicerie depuis le départ.

    Rebecca Armstrong : [00:01:47] Donc depuis le départ, c’était en 2014, je crois.

    Philippe Boissel : [00:01:49] Voilà, ça fait. Ça va bientôt faire sept ans au mois d’avril. Ça fera sept ans que le magasin est ouvert. Sept ans d’une belle aventure humaine et d’une belle aventure de solidarité aussi, puisque il est question de solidarité aussi dans tout ce qui est associatif.

    Rebecca Armstrong : [00:02:05] Alors, vous avez évoqué le terme de solidarité. J’imagine qu’on le découvre en se baladant dans les allées de l’épicerie de l’Aubépine. Alors on était juste devant la caisse il y a quelques instants. Maintenant, on est au rayon fruits et légumes. C’est une démarche de solidarité avec les producteurs locaux.

    Philippe Boissel : [00:02:24] Alors avec les producteurs locaux, on a toute une partie en bio et permaculture. Donc deux jeunes qui se sont installés sur deux communes voisines, qui viennent nous apporter les paniers, qui viennent nous apporter ce qu’ils cultivent et une solidarité aussi avec tous les producteurs locaux. Là, on voit par exemple tous les jus de pomme, le poiré, etc. C’est fait sur la communauté de communes ou juste en limite de la manche, puisque nous nous sommes en limite de la manche ici. On a cette partie là de fruits légumes. On a aussi du traditionnel parce que pour permettre le service, justement, on a une clientèle de personnes âgées qui habite le bourg et qui ne peuvent pas se déplacer. Au début, on leur a dit qu’est ce que vous voulez trouver dans l’épicerie? Et on se débrouille pour trouver les produits que les gens demandent. On a une demande, par exemple, pour tout le vrac en bio, donc on a fait un sondage de la semoule, des graines. Voilà, on en a fait un sondage : riz rond pour le riz au lait, le riz traditionnel pour la cuisine, toutes les graines ici, le sucre, le sucre de canne. Et on a pris les produits que les gens sollicitaient.

    Rebecca Armstrong : [00:03:42] Ici, on vient faire ses courses et découvrir des produits sélectionnés pour faire rimer terroir et solidarité, fruits et légumes, produits fermiers transformés ou encore vins de petits domaines. Les agriculteurs et artisans engagés dans la préservation de leur terroir sont à l’honneur. Alors si je me balade dans les allées, je vois des boîtes de conserve. Je vais en prendre une. Ici, je vois une terrine de canard au poivre vert. Quelle est l’histoire de cette terrine ?

    Philippe Boissel : [00:04:14] Alors voilà, c’est une belle histoire. Parce que c’est une histoire avec une agricultrice de la commune qui élève des canards, des pintades pour des particuliers. Et lorsqu’on a ouvert l’épicerie, elle est venue vers nous et nous a demandé ce que ça vous intéresserait d’avoir de la volaille toute fraîche à vendre aux clients, prêtes à consommer, prêtes à cuisiner. Alors, on lui a dit oui. Donc, on a fait des essais et ça a fonctionné. Donc là, on en a en permanence. Et toutes les semaines, il y a une plus grosse vente puisqu’on a une newsletter et les gens peuvent commander par Internet aussi à l’épicerie. Et de là, on lui a dit Mais pourquoi tu cuisines pas non plus tes volailles ? Pour faire des terrines, local et donc elle a fait des recherches et donc elle a accepté et maintenant il nous cuisine. On a une quinzaine de variétés de cuisine de chez elle, donc ça vient à 3km de l’épicerie, donc c’est fait, c’est vraiment du local.

    Rebecca Armstrong : [00:05:18] On trouve aussi un beau rayonnage de vins dans l’épicerie. Je continue à piocher

    Philippe Boissel : [00:05:25] Allez-y

    Rebecca Armstrong : [00:05:25] Alors jardin de Megara, Domaine de Pouypardin.

    Philippe Boissel : [00:05:31] Alors ça, c’est un vin du Gers pareil. Quelqu’un qu’on a rencontré. On cherche des œufs, des tout petits producteurs et des gens qui refusent de vendre à la grande distribution, qui ne vendent qu’en cave ou en restaurant. Et là, par exemple, c’est un jeune qui s’est installé un domaine de 6 hectares et demi de vigne et qui travaille, qui a recréer des haies pour recréer de la biodiversité sur son domaine. Tous les grains de raisin sont mis sur des clayette dans la vigne et retravaillés au chai. C’est des produits vraiment de très, très bonne qualité et c’est ce qu’on recherche. Et puis, des gens vraiment qui sont dans le même esprit que nous, c’est à dire qui, qui, qui privilégie la qualité du vin bien fait ou bio. Alors là, c’est le Pouypardin c’est hautes valeurs environnementales. Vous avez pris un autre vin ? Celui-ci c’est un vin bio

    Rebecca Armstrong : [00:06:24] Vin bio, Domaine du Boiron

    Philippe Boissel : [00:06:25] Boiron, alors domaine du Boiron. C’est Philippe Cabrel, le frère de Francis Cabrel, qui a repris la ferme des parents et donc Francis Cabrel et le principal actionnaire du domaine. Par ailleurs, un tout petit domaine. Et là, c’est du vin bio. Donc, lorsqu’on y va, on entend chanter Francis Cabrel parce que ces studios de répétition et d’enregistrement sont au-dessus des chais. Il y a les chais, puis au-dessus, on entend la musique.

    Rebecca Armstrong : [00:06:51] L’aubépine elle est à l’image de ce qui fait l’identité mayennaise aux yeux de Philippe

    Philippe Boissel : [00:06:56] L’art de vivre mayennais. Je dirai encore prendre le temps, prendre le temps de faire les choses, ne pas toujours courir. Je pense qu’encore dans nos campagnes, on arrive à faire ça. Et puis aussi, la convivialité le fait. On ne peut pas aller chez quelqu’un sans boire le café, s’asseoir et des fois, on y va cinq minutes. Deux heures après, on y est toujours. Mais voilà, je crois que ça caractérise encore bien nos zones rurales et le département de la Mayenne. Et aussi le fait de bien se connaître sur le département puisqu’on est un petit département. Et tout compte fait, tout le monde se connaît donc aussitôt qu’on est dans le milieu associatif, on connaît les autres. Nous par exemple, on connaît un peu l’épicerie de Fontaine-Daniel, etc. Elise, on se connaît tous, donc c’est une particularité de nos petits départements.

    Rebecca Armstrong : [00:07:56] Philippe Boissel et les bénévoles de l’association qui l’entourent ont ainsi créé un lieu qui ne cesse de se développer. Newsletter et commande en ligne, catalogue des produits et paniers cadeaux font partie des clés du succès du lieu. Quel avenir pour l’aubépine et ses lieux atypiques ? Philippe regarde loin.

    Philippe Boissel : [00:08:16] Mon idée dans les années à venir, dans les dix ans, dans les dix ans. Je pense que tous ces lieux deviendront des tiers lieux. Je pense qu’il faudra faire autre chose oui.

    Rebecca Armstrong : [00:08:31] Vous voulez bien nous expliquer.

    Philippe Boissel : [00:08:33] Oui il faudra pouvoir avoir des lieux qui accueillent les gens, par exemple, ou à avoir d’autres salles à côté où des personnes âgées peuvent venir le soir après l’école pour faire des jeux de société avec les enfants? On a un club de jeunes de VTT où des adultes peuvent apprendre aux gamins à réparer leur vélo, etc. Moi, je vois ça, mais pas à l’heure actuelle. Si c’est trop, c’est encore trop avant-gardiste, disons, pour que ça passe facilement à l’heure actuelle. Mais dans les dix ans, oui, plutôt ça. Et puis vraiment, avoir un partenariat avec tous les jeunes qui sont en train de s’installer en permaculture, on en a de plus en plus de jeunes qui y sont revenus là, qui qui qui ont acheté des petits bouts de terrain. Et ça, faire vraiment du lien avec eux. Beaucoup plus que ce qu’on fait à l’heure actuelle. Je pense qu’à un moment donné, il faudra que les municipalités se disent que ça, c’est un service public. Donc, faire une délégation de service public de façon à ne pas toujours courir après, après la subvention, etc. Voilà, on rend service à la population. Ça doit servir à toute la population. Donc, nous, municipalités, on pourrait, par exemple, prendre un salaire en charges. Ça peut prendre un local sans loyer. On fait des choses comme ça.

    Rebecca Armstrong : [00:09:57] Ce serait donc cela la Mayenne, terre du milieu solidaire, qui imagine des lendemains rapprochant toujours plus les gens autour de valeurs simples et vraies. Immersion sonore vous donne rendez vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

Épisode #5

Immersion sonore

au Roc au Loup

À la croisée des chemins creux, à l’ombre de la forêt et des haies naturelles, c’est là que les chevaux du Roc au Loup profitent de foisonnants herbages. Nous partons à leur rencontre et à celle de Marie-Anne et Éric Lefort, qui font de ce lieu un paradis pour les amoureux des équidés.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore au Roc au Loup

    2-ROC AU LOUP_mastered.mp3
    Rebecca Armstrong: [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires. Ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire, la Mayenne. La Mayenne, terre du milieu qui se dessine en vallon, le vert se déploie, herbages, forêts, haies. Et là se niche le Roc au loup à Andouillé. Le Roc au loup est bien plus qu’un centre équestre. C’est un lieu ancré en profondeur dans son territoire parce que le Roc au loup est une histoire de famille. Mare-Anne Lefort est maîtresse des lieux. Elle est aussi la fille d’Eric, qui a créé Le ROC aux loups. Et c’est ensemble qu’il invente ce lieu de vie unique.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:00:55] A l’origine, il y a une grotte dans la forêt. Parce que vous avez vu en venant, il y a une grande forêt.

     

    Rebecca Armstrong: [00:01:00] Oui, parce que on est dans un secteur très vallonné et donc au dessus de nous, il y a la forêt.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:01:03]. Il y a une forêt, donc une forêt privée qui nous appartient. Et dedans, il y a une grotte qui s’appelle le Roc aux Loups. Et à l’époque, donc, mon papa, en 1996, il a créé le centre équestre, l’élevage de chevaux et le gîte de groupe. Il ne voulait pas mettre un thème équestre puisqu’il n’y avait pas que des chevaux. On va descendre vers les champs, les prés des chevaux où ils vivent en état naturel. Ils vivent aux prés en troupeaux toute l’année, été comme hiver. Donc ils s’abritent avec des haies quand les saisons sont un peu moins bonnes, ils font du poil d’hiver, mais toute l’année, ils vivent dehors

     

    Rebecca Armstrong: [00:01:36] Et en fait, on chemine. On a l’impression d’être dans un chemin forestier. C’est agréable.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:01:40] Allez, pousse très bien par chez nous et on a la chance d’avoir des haies naturelles qui ont été gardées, qui n’ont pas été abattues ici. Donc on a tout à la structure et représente 150 hectares. On a beaucoup de chemin, des petits chemins creux comme ça, bordé de chaque côté, et ça permet d’accueillir aussi bien des débutants que des confirmés et les débutants. Même s’ils sont jamais montés, ils peuvent découvrir en premier trot un premier galop. Absolument ce que les chevaux, ils restent dans l’axe,

     

    Rebecca Armstrong: [00:02:12] C’est ça exactement. On n’a pas de risque de

     

    Marie-Anne Lefort: [00:02:15] Passer de tout côté et ça, c’est vrai que les gens sont très étonnés. Ils viennent faire une première balade d’une heure. On va traverser la rivière, on galope. Ils sont rois.

     

    Rebecca Armstrong: [00:02:27] On vous voit un cheval blanc avec une longue crinière.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:02:32] C’est un de nos étalons sélénium

     

    Rebecca Armstrong: [00:02:34] Qui n’a pas rêvé de vivre une expérience en pleine nature, à deux pas du galop fougueux de chevaux en liberté dans un coucher de soleil. Alors, il faut venir ici, car c’est l’expérience de leur hébergement insolite. Donc là, on arrive sur la terrasse de la Tiny House,

     

    Marie-Anne Lefort: [00:02:54] Exactement la Tiny, au cœur du champ des chevaux Camargue. C’est vraiment une petite maison avec tout le confort nécessaire. Là, vous voyez, à travers la fenêtre, on voit les chevaux. C’est quand même merveilleux. On s’endort comme

     

    Rebecca Armstrong: [00:03:10] Des chevaux, la fenêtre juste au dessus de l’espace cuisine.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:03:14] Elle a vraiment été faite pour cet endroit là, avec les grandes baies vitrées partout pour créer un maximum de vue sur la vallée. Il y a la rivière juste juste au bord, derrière la haie. Et puis les gens, quand ils sont ici, peuvent aller donc plus près des chevaux en allant dans un champ, créer quelque chose d’assez insolite. On aime bien, dans la famille, créerdes au niveau de la structure des choses qui ne sont pas ailleurs. Et puis, vous le

     

    Rebecca Armstrong: [00:03:40] Disiez, il y a la rivière. Au fond du champ, on aperçoit la ripisylve. Là, les arbres qui la bordent.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:03:46] Oui, il y a de la pêche pêche à la mouche et un parcours en partenariat avec le département de la Pêche. Et puis, il y a possibilité de faire du canoë kayak sur l’Ernée. C’est la rivière l’Ernée, c’est learning.

     

    Rebecca Armstrong: [00:04:01] On enjambe la barrière et nous voilà en territoire des Camarguais

     

    Marie-Anne Lefort: [00:04:08] Qui sont extrêmement habitués à avoir des personnes dans le champ puisqu’on accueille beaucoup de groupes, dont des scolaires ou, pendant les vacances, les enfants en stage. Aucune des activités, c’est de venir aux champs, étudier un peu leur état naturel, leur comportement, la hiérarchie.

     

    Rebecca Armstrong: [00:04:27] Le Roc au loup, c’est l’amour de la nature, la nature comme lien pour ouvrir de nouveaux horizons, pour transmettre entre générations, entre les publics, entre le cheval et l’être humain. Ici, au ROC au Loup, vous accueillez des publics très différents.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:04:44] L’objectif de la structure, c’est vraiment d’accueillir le plus de personnes proposées au plus de personnes possible, en tout cas de pouvoir pratiquer l’équitation. Nous, on a la chance d’avoir envoyer les chevaux Camargue. Ça a quand même une taille qui n’est pas trop haute le fait de vivre dehors dans des conditions naturelles. Ils ont un mental qui est très calme, donc on peut facilement mettre des personnes dessus. On a un accueil de jour d’enfants déscolarisés en partenariat avec le département. Donc, c’est pareil. Un objectif de réinsertion, de vie scolaire ou personnel.

     

    Rebecca Armstrong: [00:05:18] Mais ça, demain, ça. Aussi ouais, c’est ça, finalement, ici, on ne consomme pas de l’équitation, la vie, c’est quelque chose de cet ordre là.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:05:26] Ah oui, oui, oui, vraiment. Les Cavaliers arrivent en avance pour apprendre à préparer leur cheval, en prendre soin. Ils s’entraident dans les groupes, c’est vraiment. Tout le monde se connaît, c’est familial. Chacun peut compter les uns sur les autres. C’est vraiment très important pour moi de transmettre ça. L’équitation tout seul. C’est moins rigolo que le partage à plusieurs dans le manège, ça peut être du plat, du saut. On va dans le cross, on va dans les chemins de balade, on peut faire des tas de choses. Donc les cavaliers qui ont vraiment envie de partager quelque chose, de s’impliquer. Il y a de quoi faire. De quoi être heureux?

     

    Rebecca Armstrong: [00:06:02] Absolument. Donc là, on traverse un champ en diagonale qui remonte vers les bâtiments. Et sous ces branchages, on voit au loin apparaître d’autres animaux noirs. Cela, pas des chevaux. Vous allez nous les présenter.

     

    Marie-Anne Lefort: [00:06:19] Donc, ce sont les nos bovins Angus de race Angus qu’on a un élevage de bovins allaitant pour de la vente directe de viande.

     

    Rebecca Armstrong: [00:06:28] Alors, c’est quoi la race Angus? C’est quoi sa particularité?

     

    Marie-Anne Lefort: [00:06:31] Donc, c’est une race écossaise qui est extrêmement réputée pour la qualité de sa viande, qui est une viande très goûteuse et persillée. Donc, ils sont pareils, vivent dehors toute l’année. Nourris uniquement à l’herbe et au foin.

     

    Rebecca Armstrong: [00:06:50] Alors, il pleut désormais sur le ROC au loup. Mais ça n’enlève rien au charme du paysage. Éric Lefort, père de Marianne, nous rejoint après notre balade à travers champs.

     

    Speaker3: [00:07:06] Alors les chevaux? Quand j’étais jeune, je les ai connus à la ferme, chez mon grand père. Ce n’était pas du tout le même style de chevaux puisqu’à l’époque, c’étaient des chevaux de trait. Il n’y avait pas encore la mécanisation. Je me souviens très bien, tout petit, d’avoir vu le tracteur arriver. Le premier tracteur arrivait dans la cour de la ferme. Donc, c’est vrai que c’était une autre époque, une autre, une autre histoire.

     

    Rebecca Armstrong: [00:07:29] Marianne l’a évoqué la dimension sociale est primordiale. Ici, s’ouvrir aux différents publics, s’adapter aux besoins sont pour eux des règles d’or qui s’appliquent jour après jour.

     

    Speaker3: [00:07:40] Et puis, c’est vrai qu’au niveau social, moi, j’aime bien. Ça me désole toujours de voir un peu des gens, des jeunes qui sont un peu à la ramasse, entre guillemets. Et donc, si on peut contribuer à leur ouvrir les yeux un petit peu dans un cadre différent, avec des outils différents. Le vecteur social n’est pas forcément uniquement pour les jeunes déscolarisés. On a eu aussi des des adultes en situation de rupture, un peu dans leur vie professionnelle ou carrément familiale. Et puis, il y a ce formidable outil qu’est le cheval et qui facilite vraiment beaucoup, beaucoup de choses en terme de en termes d’échanges. Oui, absolument. Il n’y a pas que des publics défavorisés ou autres. On a aussi accueilli la dans le cadre de séminaires des chefs d’entreprises mayennais.

     

    Rebecca Armstrong: [00:08:33] Comment vous décririez l’art de vivre mayennais de la Mayenne? Ce serait quoi pour vous?

     

    Speaker3: [00:08:41] On essaye de faire partager un peu ce que l’on connaît. Donc ça, c’est un peu nouveau. En Mayenne, il y a quelques dizaines d’années, on avait plutôt. On avait plutôt la réputation d’être un peu taiseux et puis de pas forcément accueillir les personnes que l’on croisait à bras ouverts. Par contre, une fois que le contact était établi, il y avait des liens qui se créent. C’était toujours des liens forts. Et d’ailleurs, au niveau du tourisme, je pense qu’on a de plus en plus de gens qui, auparavant, étaient uniquement de passage. Ils traversent la Mayenne, cotisent à leur Bretagne, ils connaissaient l’autoroute ou c’est tout. Et maintenant, ils ont commencé par faire des séjours, des courts séjours de jour. Trois jours et ils s’arrêtent un peu. Puis on a des gens qui viennent passer une semaine, quinze jours. Maintenant, ça a changé et d’horizons vraiment vraiment différents. Nous, ce qui nous paraît un petit peu notre quotidien et ce qui nous paraît un petit peu banal. Quand on voit l’espace, les chouettes ou pour eux, il y a toujours l’effet wow. Donc, on a des arguments, on a des arguments à nous.

     

    Rebecca Armstrong: [00:09:48] Ce serait donc cela, la Mayenne, une terre du milieu accueillante qui reconnecte l’humain à l’ensemble du vivant, qui affirme ses différences et dévoile ses richesses à qui sait écouter, voir, ressentir. Immersion sonore vous donne rendez vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

Épisode #4

Immersion sonore

aux Savons de Raphaël

Faire rimer cosmétique avec écologie, c’est le pari que s’est lancé Florence Ankri. Elle nous accueille dans sa boutique-atelier nichée dans les veilles rues de la ville de Mayenne pour nous raconter l’histoire et le succès de ses savons zéro déchet 100% mayennais, sains, simples et efficaces.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore au Savons de Raphaël

    Immersion Sonore au Savons de Raphaël

    Speaker1: [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires, ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire la Mayenne. C’est pour la toute aussi la Mayenne, c’est la Terre du Milieu qui attire à elle de nouveaux visages pour que s’épanouissent des vies nouvelles. À quelques pas de la rivière, de l’autre côté du château, fièrement installé sur son flanc rocheux, il faut monter la rue Saint-Martin, à Mayenne, même sur la droite, au numéro 30. Entrer. Se laisser attirer par le sourire de Florence Encré, qui a créé il y a dix ans la marque et la boutique Les savons de Raphaël. Comment avez vous été adopté par la Mayenne?

     

    Speaker2: [00:00:56] En fait, c’est un pur hasard. Je suis Parisienne et j’ai décidé, il y a vingt ans, d’aller vivre à la campagne. Je ne vais pas vous dire sur un coup de tête, mais c’est vrai ce que ça en fait. J’ai toujours eu envie de vivre à la campagne alors que je suis vraiment Parisienne intramuros. Ce n’est à Paris, de parents parisiens, etc. Et toute petite, j’aimais déjà la campagne, donc ça doit être vraiment ma personnalité. Donc, un jour, j’ai entouré 300 km autour de Paris. Et puis j’ai débarqué à Montsûrs parce que j’avais une maison qui me plaisait énormément, de particulier à particulier. Et j’ai eu un coup de foudre en l’espace de quelques secondes et je me suis dit que c’est là, givré. Donc j’ai débarqué quinze jours après que mes valises très bien.

     

    Speaker1: [00:01:36] Alors, les valises en main, vous voilà en Mayenne. Qu’est ce qui vous a amené à créer les savons de Raphaël?

     

    Speaker2: [00:01:43] Ensuite, en fait, quand je suis venu en Mayenne, c’était aussi pour un côté écologique zéro déchet qui, à l’époque, ne se faisait pas encore énormément, mais qui touchait déjà beaucoup. Donc, j’aimais déjà la cosmétique et j’ai commencé à faire des produits pour moi. Elle est distribuée pour les copines. Et puis, j’étais tellement contente. Il y a eu, il y avait des résultats que je me suis lancé. Après, pour finir ce projet de vie écologique entre guillemets zéro déchet, je trouvais que la cosmétique était un domaine peu écologique.

     

    Speaker1: [00:02:18] Ici, juste derrière la boutique, dans l’atelier avec son équipe, Florence Imagine conçoit, fabrique les produits proposés à sa clientèle. Tout est fait sur place.

     

    Speaker2: [00:02:30] C’est vraiment la dernière gamme déodorants, dentifrices, shampoings, baumes. Le tout est rodé chez à dire. Soit il n’y a pas d’emballage du tout, comme les shampoings et les savons. Soit il y a un emballage en verre et c’est recyclé. Il y a une consigne, c’est recyclé. Donc en fait, on peut faire une salle de bain complètement zéro déchet.

     

    Speaker1: [00:02:48] Comment était accueillie cette boutique? Cette offre à ses débuts

     

    Speaker2: [00:02:53] Ne va pas bien. Ha ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! J’ai galéré. J’ai beaucoup galéré.

     

    Speaker1: [00:02:58] Alors, onze ans après l’ouverture de la boutique, ces premières années de galère, comme vous disiez

     

    Speaker2: [00:03:03] Pour les deux premières, les deux premières, ça dans sa.

     

    Speaker1: [00:03:06] Elle a pu. Justement, aujourd’hui, qui sont les publics qui poussent la porte de la

     

    Speaker2: [00:03:12] Boutique, alors? Ça a énormément changé. Ça, c’est vraiment quelque chose que j’aime à dire. Il y a une conscience qui s’est développée. Donc, je vois des gens qui viennent par souci écologique, par souci du local, des jeunes filles aussi. Un peu moins de jeunes gens, parce que c’est bon, malheureusement. Encore un domaine féminin. Mais voilà, on accueille les hommes avec la gomme Apollo. Mais je m’attends. Le public est assez large, en fait. Ce qui n’était pas là au départ, donc ça s’est énormément élargi. J’ai vraiment un peu de tout, des j’allais dire des adolescents aux dames un peu plus âgées qui reviennent pour les savons comme dans le temps.

     

    Speaker1: [00:03:52] À l’approche artisanale s’ajoute le goût du local tisser des liens avec des producteurs, connaître le produit, utiliser l’histoire qu’il renferme. C’est ce qui anime Florence. C’est ce qui fait à ses yeux l’identité mayennaise.

     

    Speaker2: [00:04:07] Alors, elle s’incarne par les produits que l’on peut trouver en Mayenne et qui peuvent être utilisés dans le savon, bien évidemment. Simple, simple, simple, efficace et surtout efficace. Voilà, on a oublié l’efficacité dans tout ça. Et j’essaie toujours de faire au mieux en étant efficace, naturelle et si possible, locale.

     

    Speaker1: [00:04:26] J’ai envie d’en savoir plus au Creusons ensemble, Florent, si vous le voulez bien. Peut être une filière. Qu’est ce que je vais choisir? Je vais prendre là, je vois. Savon le pâturage au lait de foin bio, c’est quoi l’histoire de ce savon?

     

    Speaker2: [00:04:42] Alors? Le lait de foin, c’est un lait labellisé. Les vaches ne mangent que de l’herbe. Pas d’alimentation fermenté. Et ces vaches là sont des pures Mayennaises de Mayenne qui ont fait la transhumance. Donc, en fait, la ville bloque tout un parcours extérieur de Mayenne de la ville de Mayenne pour permettre aux vaches d’aller d’un prêt à un autre. Et donc, c’est annoncé dans les journaux. Les gens suivent ce parcours, viennent regarder pour regarder les enfants. S’y voilà les pique nique et il y a vraiment une animation sur cette transhumance qui est. Qui est vraiment un moment agréable à suivre pour toute la famille.

     

    Speaker1: [00:05:23] Donc, le savon, le pâturage porte cette

     

    Speaker2: [00:05:25] Histoire exactement la transhumance à l’un comme à l’ancienne, et ça plaît beaucoup. Vous voyez n’est

     

    Speaker1: [00:05:32] D’ailleurs justement ces explications. Cette pédagogie, vous la partager avec les clients pour cette sensibilisation

     

    Speaker2: [00:05:38] Passe exactement complètement. C’est vraiment le but de la boutique. C’est aussi si je peux me permettre d’éduquer les gens sur leur façon de consommer, sur ce que l’on met dans les ingrédients. On explique toujours le pourquoi du comment à chaque client. Et voilà, les gens sont demandeurs de ça aussi.

     

    Speaker1: [00:05:54] Alors on a la boutique. Et puis vous avez aussi, je crois, un atelier, oui, qui est pas très loin. Est ce qu’on peut y jeter un coup

     

    Speaker2: [00:06:00] D’oeil parce que c’est juste derrière l’envers? L’envers du décor, c’est ça. Donc, en fait, ces produits sur place. Voilà donc avec Chloé. Bonjour, on disait nouvellement arrivés. Alors Candice, qui est en stage, c’est son 2e stage Narayen. Et voilà, donc ça, c’est le local de fabrication.

     

    Speaker1: [00:06:22] Alors imaginons la fabrication d’un savon. Quels en sont les étapes?

     

    Speaker2: [00:06:26] Alors, nous allons prendre déjà du beurre de karité, de l’huile de coco qui sont les beurres solides dans la composition du savon que l’on fait chauffer pour les faire fondre, pour qu’elle atteigne le stade de liquide. Et puis après, nous allons prendre de l’huile d’olive. Quand le karité et l’huile de coco ont fondu, on rajoute ces huiles là pour sa peau unifier tout ce qu’on est en saponification, à froid ou à froid. Voilà, donc, c’est à 35 °C. Le savon n’est pas chauffé, donc ça respecte les propriétés des huiles. On rajoute l’élément qui va permettre de sa peau unifiée, donc est de la soude d’un corps, évidemment, à des proportions bien définies. Voilà, on va prendre un mixeur. En fait, ça va faire comme une pâte à crêpe, en quelque sorte.

     

    Speaker1: [00:07:14] Et donc, tout est fait à petite échelle, à la main. Ici, donc, c’est vraiment voilà.

     

    Speaker2: [00:07:20] Alors évidemment, là haut, je vous montre un savon, mais on fait plus huit kilos par jour, vos kilos par jour, voire plus, au moment des Fêtes. On verse dans l’eau, dans les moules moule à cake, puisqu’après en magasin, on alors on tapote le moule pour éviter. Voilà, on va faire un petit dessin. C’est notre marque de fabrication. Et puis, on va laisser sécher un mois.

     

    Speaker1: [00:07:47] Voilà avec des indications. Et ce sont en effet comme des cake, c’est ça.

     

    Speaker2: [00:07:50] Et puis après nous, en magasin, on coupe au poids. Donc, chaque personne peut prendre ce qui veut en savoir.

     

    Speaker1: [00:07:56] Et cette fabrication, c’est atelier. Ce que, de temps en temps, ça vous arrive de l’ouvrir sur des moments particuliers

     

    Speaker2: [00:08:02] Pour les écoles ou pour les écoles. On a fait plusieurs ateliers, on donne à faire la semaine dernière, on en fait un mois de novembre. Donc, en fait, c’est les écoles qui viennent souvent vous voir. Comment ça se passe. Donc on fait une présentation de savon

     

    Speaker1: [00:08:14] Après 20 ans ici, en terre de Mayenne. Florence se sent plus mayennaise que parisienne. Adoptée, elle chérit les lieux et cultive l’art de vivre qui l’a conquise.

     

    Speaker2: [00:08:25] Vous connaissez la l’air que l’on respire, la verdure que l’on peut voir, la simplicité dans tout ce que j’aime dans la Mayenne, c’est la simplicité, mais dans le bon sens du terme. On ne cherche pas à épater. J’aime ce côté un peu caché qui permet de rester justement tranquille,

     

    Speaker1: [00:08:45] Là, tranquille, et cette simplicité

     

    Speaker2: [00:08:48] Avec une qualité de vie que je n’ai pas retrouvée ailleurs. Donc, merci à vous. Merci. Merci bien. Enfin, à voir.

     

    Speaker1: [00:09:00] Une cliente vient de sortir de la boutique. Elle est venue avec un contenant vide.

     

    Speaker2: [00:09:05] Alors, chaque personne qui vient chercher soit un pot de crème, soit après shampoings, soit un beau mot, un déodorant. On revient avec son pot. En fait, on récupère le pot et on déduit la consigne sur le pot d’après. Et puis, on encaisse.

     

    Speaker1: [00:09:18] L’emballage se fait dans des feuilles de papier journal.

     

    Speaker2: [00:09:21] Oui, là aussi, c’est une marque de vêtements. On reprend des choses qui existaient il y a déjà longtemps pour pas gâcher bêtement et tout simplement du papier. Et donc, tout ce qui peut être réutilisé est réutilisable.

     

    Speaker1: [00:09:36] Eh bien, merci beaucoup.

     

    Speaker2: [00:09:37] Florence, merci d’être venus.

     

    Speaker1: [00:09:39] Ce serait donc cela, la Mayenne, terre du Milieu, qui incarne discrètement, mais profondément l’éthique d’une responsabilité écologique partagée, source de créativité et de bien être. Immersion sonore vous donne rendez vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

     

Épisode #3

Immersion sonore

à Sainte-Suzanne

Des murailles, un donjon, Guillaume Le Conquérant, Rebecca Armstrong part à la découverte de l’univers chevaleresque d’un des Plus Beaux Village de France : Sainte-Suzanne.
Pascal Trégan, directeur du Centre d’Architecture et du Patrimoine, partage avec nous l’histoire et l’atmosphère de cette cité millénaire.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore à Sainte-Suzanne

    Immersion Sonore à Sainte-Suzanne

    Rebecca Armstrong: [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires. Ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire la Mayenne. La Mayenne, terre du milieu qui, dès le Moyen Âge, suscite les convoitises. A la croisée d’axes stratégiques traversant la France, cette terre voit s’établir des seigneurs qui élèvent leurs bâtissent sur des sites surplombant les alentours. C’est le cas avec le château de Sainte-Suzanne. Le département y a installé en 2009 le Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, où Pascal Trégan travaille au quotidien.

     

    Pascal Trégan: [00:00:50] Alors quand on arrive ici, on arrive dans une grande cour arborée que certains appellent un parc d’ailleurs, nous on dit la cour. Et quand on est dans cette cour, en fait, on nous dit on est en environné de différents bâtiments. Alors là, on est au pied du donjon. C’est le bâtiment le plus massif qu’on a dans la cour. C’est un peu le symbole du château de Sainte-Suzanne et même de Sainte-Suzanne tout court, je dirais, parce que c’est un bâtiment du début du 11ème siècle qui, finalement, vu son âge, il va tranquillement sur ses 1000 ans, a assez peu souffert. Et le grand fait d’armes, si je puis dire de ce monument, c’est qu’à la fin du XIXe siècle, il a vu passer les troupes de Guillaume le Conquérant pendant presque quatre ans.

     

    Rebecca Armstrong: [00:01:29] C’est ça. Guillaume le Conquérant n’a pas réussi a prendre la citadelle ?

     

    Pascal Trégan: [00:01:32] Il n’a pas réussi, il a stationner ses troupes un peu plus loin. Et finalement, le donjon et le château et le seigneur de Beaumont, qui était seigneur de Sainte-Suzanne à l’époque, ont résisté trois ans et demi aux assauts de Guillaume, qui a fini par capituler. Donc, ça s’est soldé par un traité à l’amiable. Ensuite, on a tout un ensemble de remparts qui on a été assez remanié entre le 13e et le 17e siècle. Un bâtiment en face du donjon qu’on appelle depuis toujours improprement la bergerie, puisqu’en fait, c’était plutôt une écurie à l’origine et qu’on utilise beaucoup ici, puisque c’est dans ce bâtiment non seulement qu’on accueille des ateliers éducatifs pour le jeune public, mais c’est là aussi qu’on organise régulièrement dans l’année des expositions artistiques d’artistes contemporains, d’artistes vivants, notamment d’artistes mayennais. Et puis le grand bâtiment, donc,

     

    Rebecca Armstrong: [00:02:17] Derrière nous, au sud.

     

    Pascal Trégan: [00:02:18] Ça, c’est le logis qu’il accueille depuis 2009, un centre d’interprétation du patrimoine. C’est un équipement qui a été créé par le département de la Mayenne, qui est propriétaire du site, qui le gère et qui l’anime depuis 25 ans. Un équipement qui est destiné à présenter en gros toutes les facettes du patrimoine que le public pourra découvrir dans le département.

     

    Rebecca Armstrong: [00:02:35] C’est ça, rayonner dans le territoire. Et on est, on où ?

     

    Pascal Trégan: [00:02:40] Est vraiment sur un plateau. Sur un plan, c’est simple, on est juste à la pointe de l’éperon. C’est un plateau triangulaire de ce côté qui domine effectivement la vallée de l’Erve et la petite rivière qui passe en contrebas.

     

    Rebecca Armstrong: [00:02:51] Le château de Sainte-Suzanne est l’un des sites les plus visités de Mayenne pour sa valeur patrimoniale, architecturale, mais aussi pour le patrimoine naturel.

     

    Pascal Trégan: [00:03:02] Là, on est sur un environnement qui est juste magnifique avec les collines des Coëvrons, la Sarthe et derrière et de l’autre côté et bombé. À cette heure ci. En plus, on entend la rivière, on bat les oiseaux. Il n’y avait guère que l’on voit là.

     

    Rebecca Armstrong: [00:03:16] Alors, sur ce site, vous le disiez, vous accueillez des groupes avec des ateliers pour le jeune public. Justement, comment on permet aux enfants de faire lien avec un site historique comme celui ci?

     

    Pascal Trégan: [00:03:29] Notre objectif en terme de pédagogie du patrimoine ou de médiation du patrimoine, c’est de mettre les enfants en contact avec l’architecture, l’histoire ou le patrimoine naturel de la façon la plus vivante, la plus ludique possible. L’idée, c’est aussi, dans la mesure du possible et en fonction des sujets qu’on aborde qui le qui produisent quelque chose. Soit c’est une maquette, soit c’est un dessin surdimensionné. Mais en tout cas, voilà qu’ils repartent avec quelque chose, soit dans la classe, soit la maison, pour garder une trace de cette fameuse expérience vécue ici.

     

    Guide : [00:04:00] Et enfin, comment on mesure 100 mètres à l’époque de l’époque du Moyen-Age. Donc, vous avez dix minutes par vous pour y réfléchir et émettre des hypothèses. Et au cours de l’atelier, on verra si vous avez des prothèses sont bonnes ou pas. D’accord, vous avez bien compris et on se retrouve donc un peu moins de dix minutes avec vos hypothèses de travail de jouer ensuite avec vos collègues.

     

    Rebecca Armstrong : Dans toute cette histoire de la cité de Sainte-Suzanne, est ce qu’il y a des connexions spécifiques avec certains autres sites de la Mayenne? Parce que c’est vrai qu’on dit de la Mayenne que c’est la réalité et que c’est un territoire très riche en châteaux.

     

    Pascal Trégan: [00:04:41] Il y a par exemple les vestiges d’un avion très intéressant à Villaines la Juhel, dans le Nord-Mayenne. Il y avait aussi un donjon. Il y a toujours un donjon passionnant au vieux château de Laval. On a d’autres traces de donjon dans cet esprit là, mais beaucoup plus ruinée que celui ci. En plus, on est sur une zone. Un peu de marche entre. La Bretagne, l’Anjou, la Normandie au Nord, il n’y a pas que Guillaume le Conquérant, au XVIIe siècle, qui a eu des vues sur le secteur.

     

    Rebecca Armstrong: [00:05:07] Toute cette histoire, ces histoires sont au cœur du travail du Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, qui couvre l’ensemble du Pays d’art et d’histoire Coëvrons, Mayenne. Grâce à son équipe de médiateurs et guides conférenciers, la cité médiévale de Sainte-Suzanne livre ses secrets.

     

    Pascal Trégan: [00:05:25] On essaye à la fois de révéler et de transmettre. Là, par exemple, nous somme à ce qu’on fait, ce que les gens considèrent aujourd’hui comme étant le rez de chaussée du donjon. En fait, si on était au XXIe siècle, on se au sous sol, on serait dans le cellier puisqu’on rentrait pas comme on vient de le faire par ce gros trou là qui, finalement, est très récent par rapport à l’histoire du bâtiment rentré par le premier étage. Pour des questions de sécurité,

     

    Rebecca Armstrong: [00:05:45] Allez, on monte pour profiter pleinement du château et de sa vue imprenable sur la vallée de l’Erve. Il faut absolument se rendre en haut du donjon.

     

    Pascal Trégan: [00:05:55] Il faut imaginer qu’il y a un plancher au dessus de nous. On voit encore les gros trous supporter les poutres du plancher, donc on était dans le cellier et ça, en fait, ce sont des ouvertures qui étaient destinées à ramener un peu de lumière et surtout à aérer cet espace là.

     

    Rebecca Armstrong: [00:06:07] Et on voit des petites pancartes avec un casque et des numéros. Donc, on peut visiter le site avec un audioguide

     

    Pascal Trégan: [00:06:13] Il y a des audioguide effectivement en location à l’entrée du centre d’interprétation. Il est complété par un parcours d’interprétation numérique auquel on a accès avec son smartphone dès qu’on arrive sur site. On a créé un réseau Wi-Fi fermé qui est dédié au château et donc sans télécharger une application quoi que ce soit en streaming. On peut, on peut consulter des documents d’archives, des vidéos de présentations traduites en langue des signes pour le public, sourds et malentendants. Des photos qui montrent à quoi ressemblaient les chantiers de restauration, c’est à dire tout ce que le public n’a pas pu voir, évidemment, pendant les travaux. Donc, numérique, physique et audioguide. Plus, évidemment, les médiateurs, puisque, malgré tout ça, un bon médiateur continue à être utile.

     

    Rebecca Armstrong: [00:06:51] Voilà à qui on peut poser des questions tout de suite. Exactement. La médiation est ici pensée pour les différents publics individuels, familles, les jeunes. Une médiation rigoureuse sur les contenus et amusante par ses formes. A cela s’ajoute une attention particulière à l’accessibilité.

     

    Pascal Trégan: [00:07:10] Alors, l’accessibilité, c’est une chose qui, pour nous, est essentielle. C’est une démarche qu’on a lancée en même temps qu’on ouvrait le centre d’interprétation. On pense aux personnes à mobilité réduite, en fauteuil, par exemple. Donc là, c’est des questions de circulation et de passage, mais aussi de hauteur de table ou de hauteur de maquette. Dans le centre d’interprétation, ça compte. Mais sont aussi les handicaps sensoriel ou intellectuel. Donc, on travaille beaucoup avec le public, mal ou non-voyants, sourds, malentendants. Et puis, avec le handicap cognitif aussi, pour lequel on a adapté des ateliers de découverte qui permettent au public, malgré les petits soucis qu’ils peuvent rencontrer, d’avoir accès à la connaissance et à l’histoire de ce territoire. C’est un public qui a été un peu délaissé et alors qu’il a toute sa place et qu’on les accueille vraiment avec grand plaisir.

     

    Rebecca Armstrong: [00:07:54] Originaire du Médoc, Pascal Trégan est arrivé en Mayenne il y a de cela 22 ans. Fin connaisseur du patrimoine historique du territoire, il a également été conquis par l’âme de la Mayenne.

     

    Pascal Trégan: [00:08:08] C’est un département qu’on s’approprie assez facilement. C’est un terroir, un environnement, une qualité de vie, un rythme de vie qui me convient tout à fait. J’ai pris racine très vite ici. C’est ce sont des Mayennais accueillants. Certains disent quelquefois que le Mayennais peut être un peu taiseux comme moi. Franchement, je trouve pas. On a été super bien accueilli. On s’est super bien intégré, si je puis dire. C’est un territoire où il fait bon vivre quoi? Alors? Quand on aime les bons produits issus du terroir, quand on aime un environnement naturel préservé et assez diversifié, parce qu’on a quand même plein plein d’unités paysagères différentes dans le département de la Mayenne. Quand on aime discuter avec les gens, aller sur le marché et qu’on aime le patrimoine. Franchement, à par venir en Mayenne, je ne vois pas en quoi

     

    Rebecca Armstrong: [00:09:11] Ce serait donc cela. La Mayenne, terre du Milieu, à la fois convoitée et accueillante, discrète et intarissable, irriguée de mille histoires qui se transmettent ici à Sainte-Suzanne. Immersion sonore vous donne rendez vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

     

     

Épisode #2

Immersion Sonore

au cabaret Le Live

De la danse, du chant, des rires et des bons produits, Rebecca s’immisce dans les coulisses du cabaret le Live à Château-Gontier-sur-Mayenne.
Benoît Piquet, fondateur du lieu, vous raconte les secrets d’un établissement où divertissement, qualité et local sont les maîtres mots.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore au Cabaret le Live

    Rebecca Armstrong : [00:00:00] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires, ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et, pour fierté, les mille facettes de leur territoire la Mayenne. La Mayenne, terre du Milieu où l’authenticité n’est ni slogans ni promesses, mais plutôt une réalité. Tout près de Château-Gontier, le cabaret Le Live a ouvert ses portes en 2018. Benoît Piquet , bassiste et contrebassiste, a fondé le cabaret avec son épouse Cindy, chanteuse et danseuse. Dans l’intensité des derniers préparatifs, ils nous ouvrent leurs portes. Profitons-en alors.

     

    Benoît Piquet : [00:00:53] Ce lieu, c’est un grand music-hall où il ne se passe pas mal de choses. La première des choses, c’est la musique live. C’est l’authenticité d’un lieu où la musique se joue en live. On a également l’authenticité dans la partie restauration puisque ici, les gens viennent passer un agréable moment pour voir un spectacle, pour manger, pour boire des bonnes boissons. Donc voilà, si je résume ce lieu, c’est vraiment musique live, nourriture très authentique. Et puis des prestations de qualité.

     

    [00:01:20] J’ai envie de dire. Mais cette fois ci,

     

    Rebecca Armstrong : [00:01:32] On était dans l’entrée il y a quelques secondes. Nous venons de passer dans la salle principale où la table, les tables sont déjà dressées, car ce soir, il y a un spectacle, donc il y a un peu d’effervescence. Les derniers préparatifs.

     

    Benoît Piquet : [00:01:42] Quand on arrive en fin de journée, on est à quelques heures du spectacle qui se joue ce soir, effectivement. Donc, toutes les équipes arrivent, que ce soit les équipes artistiques, les équipes techniques, les équipes de cuisine, les équipes de service. Donc, en l’espace de quelques heures, on se retrouve une quarantaine de personnes au sein de ce bâtiment et il n’y a encore aucun client d’arriver. On parle juste des gens qui viennent pour travailler justement sur le spectacle, la technique, le son, la lumière, la partie en salle et la partie cuisine.

     

    Rebecca Armstrong : [00:02:10] Alors, l’authenticité, c’est la musique live et c’est aussi la réalisation des décors par vous-même.  Vous avez un atelier qui est pas très loin?

     

    Benoît Piquet : [00:02:18] Oui, tout à fait. On a la chance d’habiter en campagne en Mayenne dans tous les cas, il y a beaucoup de campagne, donc on a la chance d’avoir un véritable atelier qu’on s’est construit au fur et à mesure des années et qui tout, qui nous permet justement de construire tous nos décors. En tout cas, tout ce dont on est capable de faire. Donc on travaille le bois, on travaille le métal, on travaille d’autres matières, le spectacle. Le fait qu’on les crées nous-mêmes, les décors qu’on a envie d’y ajouter. Ce ne sont pas forcément des décors qu’on trouverait dans les magasins, ça, c’est une certitude et encore moins chez les fabricants. Donc, au bout de quelques années, on s’est vite rendu compte que si on ne les fabriquait pas nous-mêmes, c’était presque impossible. Donc effectivement, on savait. On s’est retroussé les manches, comme on dit en Mayenne, et on a travaillé sur nos décors. Et on a la chance de travailler avec des gens qui travaillent très bien le métal, qui travaillent très bien le bois, ce qui fait qu’on arrive à avoir des rendus plutôt sympas pour le spectacle.

     

    Rebecca Armstrong : [00:03:03] La vie d’artiste n’est pas forcément synonyme de voyages incessants. Cindy et Benoît en sont la preuve vivante. Avec le cabaret Le Live, après une première vie en tournée, ils ont désormais réussi à connecter leurs racines et leur art.

     

    Benoît Piquet : [00:03:20] On fait ce métier là depuis une vingtaine d’années, mais nous étions toujours en tournée un peu partout en France, jusqu’à il y a cinq ans. Et à un moment donné, on a eu envie quand même de se sédentariser de manière à pouvoir lier alliés plus facilement aux dites familles. Exactement. Et puis, vie professionnelle, parce qu’on n’a jamais voulu changer de métier, bien au contraire. Et donc, l’idée d’un music hall, d’un cabaret ou on pouvait exercer notre métier de la même manière, mais en étant sur place, c’est là que c’est venu.

     

    Rebecca Armstrong : [00:03:45] La transmission se joue aussi au sein de la troupe. Des jeunes en formation à l’Institut national du music hall sont intégrés à la communauté du cabaret. Autre ambition du couple mettre en valeur le bon et le local dans l’assiette. Il y a un véritable engagement du cabaret le live en terme de restauration, ce qui va être posé dans les assiettes autour de nous dans quelques heures. Pourquoi et comment?

     

    Benoît Piquet : [00:04:11] Alors pourquoi? Parce que déjà, à titre personnel, depuis toujours, on est, on est de fins gourmets. On aime bien manger. Forcément, on a envie de manger des choses de qualité. Et moi, je suis issu d’une famille d’agriculteurs biologiques. Donc du coup, on a toujours été stimulé par les bonnes choses, par les choses authentiques. Je vous parlais tout à l’heure d’authenticité sur le côté musical. Il était impossible pour nous de jouer un spectacle sans live et puis de donner, entre guillemets, à manger au public sur des choses qui seraient complètement synthétiques ou industrielles. On a eu la chance de rencontrer un traiteur, monsieur Paillard, David Paillard et son épouse il y a quelques années, à qui on a émis cette idée là de travailler sur des produits frais, des produits locaux et des produits biologiques. Je peux vous assurer que c’est tellement peu fréquent chez les traiteurs que lui, il avait déjà ça en tête depuis pas mal de temps. Il travaillait bien évidemment sur des produits frais et des produits locaux. C’est son éthique à lui et il a bien voulu ajouter le côté biologique. Et aujourd’hui, si vous voulez, c’est une valeur ajoutée à ce qu’on propose. Et c’est surtout dans la continuité de ce qu’on propose sur l’aspect artistique. Et on ne pouvait pas du tout faire autrement. C’était impossible pour nous de dire au public Voilà un spectacle 100% authentique, mais sur l’aspect, sur l’aspect nourriture. Ce sera comme ce sera. C’était vraiment important pour nous d’avoir cette éthique là.

     

    Rebecca Armstrong : [00:05:21] Et d’ailleurs, vous êtes à l’origine, je crois. Ou en tout cas, vous contribuez au lancement d’une charte d’éco responsabilité des cabarets. C’est aussi pour l’état d’esprit de diffuser les bonnes pratiques?

     

    Benoît Piquet : [00:05:30] Ben oui, complètement. On a la chance d’adhérer à une sorte de syndicat qui représente un peu tous les cabarets français. On a un responsable de ce fameux syndicat qui est venu nous voir en juillet quand on a pu redémarrer après toute cette période et ils savaient qu’on fonctionnait avec ce genre de fonctionnement. Il sait que ce n’est pas commun et on a la chance, du coup, d’avoir contribué à ce lancement de Chartres de cabaret écoresponsable. Parce que, mine de rien, dans des lieux comme les nôtres, c’est presque des lieux de collectivité où il y a quinze ou vingt mille repas de servis par an. Et je peux vous assurer que ça a du poids pour les pour les producteurs locaux, que ce soit de viande, de légumes, de travailler avec une quantité comme celle ci.

     

    Rebecca Armstrong : [00:06:03] Le cabaret, le live, c’est finalement l’incarnation d’une facette de ce qu’est la Mayenne authenticité, passion et terroir.

     

    Benoît Piquet : [00:06:12] Le plus sympa des adjectifs pour la Mayenne, ce serait accueillant, accueillant pour définir ce territoire. Je pense que la première des choses, c’est un endroit où il fait vraiment très bon vivre. La deuxième, c’est qu’on a un véritable public fidèle fidèle et à la fois exigeant quand même, parce que du coup, c’est des gens qui ont quand même l’habitude d’aller dans certains autres lieux en spectacle et quand ils viennent, en Mayenne, ils n’ont pas du tout envie de se dire allez, c’est un spectacle fait par des Mayennais en Mayenne. On sait qu’on ne va pas forcément retrouver ce qu’on retrouvera ailleurs. A l’inverse, nous, on essaie de relever ce défi différemment et de proposer quelque chose de très qualitatif.

     

    Rebecca Armstrong : [00:06:49] Mais déjà, Benoît doit rejoindre toute l’équipe pour lancer la dernière ligne droite de l’avant spectacle. Il y a ici un véritable esprit de communauté. Cela se voit et s’entend lors des ultimes répétitions. Les gestes sont complices, les voix sont souriantes. Sur scène, chaque musicien est à sa place. Les partitions ajustées et les premières notes emplissent l’espace. Même dans les derniers mois, les danseuses et les danseurs vérifient les pas et les placements dans un éclat de rire. Les chanteuses s’échauffent la voix. On mesure le geste, car c’est plus tard qu’il faudra tout donner. Bang, bang, bang, bang, bang! Les techniciens testent les lumières, les micros. Non, mon. En cuisine, la mise en place s’organise méticuleusement en prévision de la frénésie à venir. Dans les loges, les tenues sont préparées, les cheveux sont brossés. On y rit, mais avec déjà la concentration qui se lit dans les yeux. Pour la montée, il y a un peu comme d’habitude, on ne vit plus que quelques heures et le spectacle commence par.

     

    Rebecca Armstrong : [00:08:28] Ce serait donc cela la Mayenne, terre du Milieu, qui chante et enchante, authentique et joyeuse, créative et rayonnante. Immersion sonore vous donne rendez vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

Épisode #1

Immersion sonore

au Château des Arcis

Nous vous amenons à la découverte du Château des Arcis, à Meslay-du-Maine.
Catherine Cauchois, propriétaire du château nous raconte son coup de foudre pour le lieu et ses passions pour l’art, les fleurs, les oiseaux et pour son département.
Elle nous guide à travers les âges pour nous conter l’histoire et l’actualité de sa monumentale bâtisse du XVIe siècle.

Écoutez le podcast :

  • Transcription podcast Immersion Sonore au Château des Arcis

    Immersion Sonore au château des Arcis

    Rebecca Armstrong : [00:00:00.87] Immersion sonore de la destination Mayenne. Le podcast qui vous emmène à la rencontre de passeurs de territoires. Ils ont pour point commun l’éthique, la bienveillance, l’éco responsabilité, la passion du partage et pour fierté, les mille facettes de leur territoire. La Mayenne.

    Catherine Cauchois : [00:00:28.88] Bonjour, heureusement que j’ai regardé par la fenêtre, ça ne marche pas. C’est uniquement là. Entrez, je suis désolé, je fais le ménage plus à l’extérieur qu’à l’intérieur.

    Rebecca Armstrong : [00:00:39.59] Il y a peu de soucis. Rencontrer la Mayenne? C’est étymologiquement découvrir la terre du Milieu. Là où se situe l’équilibre, là où tout rayonne. Cette terre du milieu dont on dit qu’on y fait que passer. Et pourtant, arrêtons nous ici, là, en Mayenne, pour en découvrir les voix, les [00:01:00.00] sons, les valeurs.

    Catherine Cauchois: [00:01:02.24] Quand on est arrivé ici, on s’est regardé. Et je pense que tous les nouveaux propriétaires de patrimoine vous disent la même chose. Ils ont su que c’était l’endroit,

    Rebecca Armstrong : [00:01:13.07] Le lieu et ce regard échangé, c’était ici ?

    Catherine Cauchois: [00:01:15.20] Ici. c’était devant, c’était à l’entrée. Là, on est arrivé, on a regardé. Alors c’était le mois de mai. Il y avait des lilas en fleurs, ça sentait bon. Il y avait des petits oiseaux.

    Rebecca Armstrong : [00:01:23.75] Ici, c’est le château des Arcis, à 26 km de Laval. Visite du parc, guidé [00:01:30.00] ou non, exposition d’art contemporain, parcours de découverte ludique pour les enfants et leurs parents, rythme le lieu au fil des saisons. Catherine Cauchois, propriétaire avec son mari du château des Arcis, se joue du temps qui passe. Elle le stoppe pendant une visite, tout en se projetant loin dans l’avenir, tout en remontant aux racines des lieux. Entre le 15e et le XVIe siècle, quand naquit le château des Arcis,

    Catherine Cauchois: [00:01:57.71] Nous nous promenons dans le jardin d’agrément [00:02:00.00] qui est donc fait selon le plan de l’époque. Une croix avec l’allée principale qui croise une allée transversale, donc, notre jardin carré et séparé en quatre carreaux.

    Rebecca Armstrong : [00:02:13.01] Vous aviez travaillé avec la Ligue de protection des oiseaux. Pourquoi ? Quel était l’objectif ?

    Catherine Cauchois: [00:02:18.02] Préserver une biodiversité qui est, pour moi, extrêmement importante. On ignore très souvent que tous nos jardins historiques sont des lieux de réserve de biodiversité, tant sur [00:02:30.00] le plan des plantes que sur le plan des animaux. Les chevreuils, les lapins, les lièvres, les faisans, les perdrix.

    Rebecca Armstrong : [00:02:41.69] Et donc être le refuge LPO, ça veut dire quoi?

    Catherine Cauchois: [00:02:46.19] C’est affirmer qu’on n’utilise pas de produits phytosanitaires qui puisse nuire aux insectes et donc à la nourriture des oiseaux. C’est faire [00:03:00.00] tout ce que nous pouvons pour que les nids, les nids ne soient pas détruits, par exemple en préservant nos haies, en particulier en été.

    Rebecca Armstrong : [00:03:08.63] Là, il y a une petite pancarte c’est des restes des activités pour les enfants ?

    Catherine Cauchois: [00:03:11.96] C’est un reste oui que j’ai complètement oublié. Alors j’ai gardé quand même un assez mauvais souvenir de mes visites de monuments historiques dans mon enfance et donc je me suis juré que les enfants ne s’ennuieraient jamais chez nous. Donc, pour l’instant, nous avons deux 2 [00:03:30.00] jeux, un parcours pour les petits, disons âges maternelle ou qui ne savent pas bien lire, qui est justement centré sur les animaux du jardin. Et puis, un parcours pour les grands, un parcours énigmes qui soit ludique, ça leur plaît beaucoup. On passe en particulier par un petit labyrinthe où on peut faire une bonne partie de cache cache.

    Rebecca Armstrong : [00:03:55.19] Là, on marche sur un chemin bordée d’arbres de part et d’autre, l’étang [00:04:00.00] sur notre gauche et on voit l’île avec le petit labyrinthe.

    Catherine Cauchois: [00:04:03.62] Tout à fait on. On est sur l’ancienne digue de l’étang d’eau qui existe depuis le XIXe siècle. Et puis, on a une vue sur le château, sur l’île. C’est un chemin très poétique.

    Rebecca Armstrong : [00:04:17.09] Régulièrement, des artistes sont invités par Catherine à occuper les lieux pour leur donner une nouvelle dimension. Comme un trait d’union entre les joyaux du passé et le présent. Quand une artiste comme [00:04:30.00] Hélène Jousse, qui est sculptrice et qui est Mayennaise d’origine, s’installe avec ses sculptures monumentales dans le jardin. Ça nous dit quoi du passé, du présent ?

    Catherine Cauchois: [00:04:42.58] Ça nous dit que l’art est immuable et existe toujours au cœur des hommes et que la nature est un écrin merveilleux pour inspirer les artistes, mais aussi pour qu’ils puissent y installer leurs créations.

    Rebecca Armstrong : [00:04:58.61] Au château des Arcis, il [00:05:00.00] suffit d’entrer dans l’un des bâtiments rénovés, l’Orangerie, par exemple, pour être pris par le charme des lieux.

    Catherine Cauchois: [00:05:06.73] Donc là, on a notre petite, notre petite orangerie qui nous sert de lieu d’accueil pour les visiteurs. Alors c’est vrai quand nous sommes arrivés. Elle était belle parce qu’elle était recouverte de vignes vierges. En fait, l’entrée est cachée. Je vais aller ouvrir. On passe par le côté. C’est les portes de service du jardinier. Permettent d’entrer. On vous suit, Catherine, Oh, je vais vous ouvrir de l’extérieur, ça vous [00:05:30.00] évitera de vous salir les pieds

    Rebecca Armstrong : [00:05:33.21] Et le sol. Quelle beauté!

    Catherine Cauchois: [00:05:35.56] Alors le sol, lui, c’est vraiment le sol d’origine avec ses tomettes de terre cuite qui sont très, très jolies. Et vous voyez comme l’intérieur est soigné avec même les portes de service du côté pour le jardinier. Il y a un petit fronton en bois triangulaire. Il y a une corniche sous le plafond orientée plein sud pour capter la chaleur du soleil avec le plafond voûté pour qu’on [00:06:00.00] puisse rentrer des armes de grande taille. Et de là exactement, on a. On a une très jolie vue sur le château.

    Rebecca Armstrong : [00:06:09.39] Après 18 années à prendre soin des lieux, Catherine Cauchois incarne l’une des facettes de la Mayenne le goût de cette terre et des eaux qu’il irrigue et des vents qui la dévoilent, de celles et ceux qui en façonnent les paysages.

    Catherine Cauchois: [00:06:24.12] Je suis complètement fan de ce département et surtout à [00:06:30.00] la fois de ses habitants et de son patrimoine naturel et historique. La Mayenne est un département extrêmement étonnant parce qu’il possède un patrimoine extrêmement riche et je pense que ses habitants ont tellement l’habitude de voir ce patrimoine à côté de chez eux, ses chapelles, ses églises, ses châteaux qui sont cachés au bout de deux longues allées, les moulins, les ponts muletier, les fontaines ou les lavoirs [00:07:00.00] encore dans certains villages qu’il ne ne le voit plus. Et ça, c’est quelque chose dont je suis absolument persuadé, qu’il faut faire connaître notre département. Alors on peut dire vivons heureux, vivons cachés, mais quelque part, c’est un peu dommage de ne pas partager ces trésors.

    Rebecca Armstrong : [00:07:21.48] C’est dans la salle à manger de la partie du château habité par Catherine et sa famille que se poursuit la rencontre. Et comme une évidence, une vérité s’y révèle, [00:07:30.00] le patrimoine invite à prendre le temps et mérite en retour le soin.

    Catherine Cauchois : [00:07:36.36] Petit à petit, je me suis rendu compte qu’en fait, le métier que j’avais exercé, j’étais ophtalmologiste, médecin, qui était un métier où on s’intéressait aux autres et où on les soignait, en fait, c’est le même métier que je pratique ici. Quand on travaille dans un jardin, on soigne la nature, on soigne la terre, alors c’est très égoïste parce qu’on se soigne soi même. Planter [00:08:00.00] c’est un acte de foi en l’avenir. Donc, les jardiniers sont des médecins de notre terre. Soigner un monument historique, c’est aussi avoir la même démarche. Il y a une démarche de diagnostic d’abord. Qu’est ce qui ne va pas ? Comment s’y prendre pour soigner ? Et donc, nous soignons nos bâtiments et c’est un travail en équipe superbe. Et quand nous avons fait cette association Quatre pas en Mayenne pour Patrimoine, parcs et Jardins Passions Partage, [00:08:30.00] c’est un travail en équipe aussi pour valoriser nos monuments, pour les restaurer, pour arriver à les faire connaître et à faire connaître notre territoire. Et c’est un travail en équipe aussi avec tous les Mayennais et tous nos élus. Parce que les Mayennais, ce sont nos meilleurs ambassadeurs. C’est eux qui vont dire à leurs familles et à leurs amis venez voir comme notre notre Mayenne est belle

    Et nous sommes des joyaux pour la Mayenne. [00:09:00.00]

    Rebecca Armstrong : [00:09:00.55] Juste des joyaux, justement, est un circuit d’une quinzaine de sites pensés par l’Association des quatre pas châteaux, moulins, parcs et jardins. Abbayes, villages historiques. Mille facettes pour un territoire, mille facettes incarnant l’art de vivre de cette terre,

    Catherine Cauchois: [00:09:18.99] L’art de vivre mayennais. [00:09:21.81] Alors, je pense qu’il y a le sourire et l’accueil. Ça, pour moi, c’est vraiment une évidence. Le [00:09:30.00] bénévolat et l’attention à autrui d’ouvrir ses portes, ça se fait de façon très discrète. Mais il y a toujours une main tendue quand on sait la voir.

    Rebecca Armstrong : [00:09:41.34] Ce serait donc cela, la Mayenne, la terre du milieu en partage. Là où le temps s’arrête, là où l’on prend soin avec un sourire franc et une main tendue. Immersion sonore vous donne rendez-vous très vite pour une autre rencontre qui donne envie de Destination Mayenne.

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